vendredi 18 novembre 2022

2 AUTEURS, 2 VILLES ETDES PRIX POUR LA TOUR DE GARDE !

 

Claire DUVIVIER et Guillaume CHAMANADJIAN


 

CYCLE DE LA TOUR DE GARDE

LE SANG DE LA CITE – TOME 1 – CAPITALE DU SUD (2021)

 

Editeur : Les FORGES DE VULCAIN

Sorties : Avril et octobre 2021

  


Résumé 4ème de couverture :

« Enfermée derrière deux murailles immenses, la Cité est une mégalopole surpeuplée, constituée de multiples duchés. Commis d’épicerie sur le port, Nox est lié depuis son enfance à la maison de la Caouane, la tortue de mer. Il partage son temps entre livraisons de vins prestigieux et sessions de poésie avec ses amis. Suite à un coup d’éclat, il hérite d’un livre de poésie qui raconte l’origine de la Cité. Très vite, Nox se rend compte que le texte fait écho à sa propre histoire. Malgré lui, il se retrouve emporté dans des enjeux politiques qui le dépassent, et confronté à la part sombre de sa ville, une cité-miroir peuplée de monstres. »

CITADINS DE DEMAIN – TOME 1 – CAPITALE DU NORD (2021)

 


4ème de couverture : « Amalia Van Esqwill est une jeune aristocrate de Dehaven, issue d’une puissante famille : son père possède une compagnie commerciale et sa mère tient un siège au Haut Conseil. Progressistes, ils lui ont offert, à elle et à d’autres enfants de la Citadelle, une instruction basée sur les sciences et les humanités. Jusqu’au jour où le fiancé d’Amalia se met en tête de reproduire un sortilège ancien dont il a appris l’existence dans un livre. Au moment précis où la tension accumulée dans les Faubourgs explose et où une guerre semble prête à éclater dans les colonies d’outre-mer, la magie refait son apparition dans la ville si rationnelle de Dehaven. Et malgré toute son éducation, Amalia ne pourra rien pour empêcher le sort de frapper sa famille et ses amis.

Deuxième roman de Claire Duvivier, Citadins de demain est le premier volume de la trilogie Capitale du Nord.

Capitale du Nord, constitue, avec Capitale du Sud (dont le premier volume, Le Sang de la cité, écrit par Guillaume Chamanadjian, est sorti en avril 2021) le cycle de la Tour de garde.»

 

Les éditions LES FORGES DE VULCAIN ont frappé fort pour ce cycle ambitieux.

Ambitieux, car si chaque auteur développe son propre univers autour d’une ville, les deux gardent à l’esprit une unité à l’issue de leur trilogie respective ; devant aboutir à une « union » des deux cités, peut-être.

Mais le lecteur s’interrogera sans doute sur ces deux premiers tomes.

Chronologie oblige, c’est CAPITALE DU SUD de Guillaume CHAMANADJIAN qui a « ouvert le bal » avec Gémina (calquée sur la ville italienne de Sienne).

Ville fortifiée et maritime constituée de duchés ; chacun d’eux avec leur spécificité propre avec une soif de pouvoir de plus en plus grande.

Le soleil, la mer, la gastronomie, le vin font penser immédiatement à une ville méridionale, où il fait bon vivre !

Nox, le personnel principal, pour ses livraisons de mets et vin, s’y déplace continuellement, appréciant la vie urbaine.

Son appartenance à la Maison de la Couane, la Tortue de Mer, une maison forte, lui apporte une grande liberté d’autonomie. Il est alors un témoin silencieux des changements qui agitent la cité. Derrière la douceur de vivre, son « insouciance » se trouble avec les frasques de sa sœur qu’il doit assumer. Et il y a ce recueil de poésies dont les textes lui rappellent son existence.

Des circonstances effrayantes l’amène à découvrir la faille, le glissement vers une réalité éloignée de la réalité de g2MINA ;

Nox devient alors le témoin atterré d’une réalité bien sombre, de la violence entre maisons. De la folie même ! L’éloignant peu à peu du poids politique de la Maison de la Couane. Un simple olivier entouré de légende va précipiter l’effondrement de ses certitudes.

Transportons-nous vers cette CAPITALE DU NORD. De l’autre côté de l’océan, il y a Dehaven, l’austère cité (calquée sur la ville néerlandaise d’Amsterdam). Claire DUVIVIER suit les traces d’Amalia Van Esqwill.

Le lecteur s’immerge alors dans un territoire régit par le commerce maritime. Amalia est très tôt formée à une certaine rationalité, en compagnie de 2 amis. Dans son enseignement, les arts sont bannis.

Tout pourrait l’amener à un mariage de raison mais hautement stratégique, entre deux grandes familles aristocratiques de la ville.

C’est dans ce climat sans chaleur que son fiancé acquiert des objets à qui il souhaite insuffler des pouvoirs magiques hypothétiques (un art banni et renié).

On sait ce qui peut arriver à un apprenti magicien ; ne pas appréhender la puissance du pouvoir ! Il y a notamment un miroir qui permet d’accéder à un double inquiétant de Dehaven, vide de tout habitant.

S’ajoutent des émeutes dans les comptoirs commerciaux de l’autre côté de l’océan ainsi que dans les quartiers populaires où la colère gronde contre les grandes familles.

Ce n’est pas l’ami d’Amalia, Yonas, le roturier, le fils de l’éclusier, qui pourrait empêcher un drame, violent, de se produire.

Ainsi se terminent les tomes 1 respectifs sur ces soulèvements populaires emprunts de violences.

 

Création chorale (chose rare dans l’édition) où chacun des auteurs (complices dans la vie comme dans l'écriture)  entreprend de bâtir une convergence de l’avenir des cités. Autour de la pratique d’un jeu de stratégie populaire très couru, la Tour de Garde, avec ses pièces improbables, autour d’un plateau de jeu qui voit s’affronter les meilleurs tacticiens pour l’honneur de leur cité….

Lisez, donnez à lire, Capitale du Nord et Capitale du Sud, édition qui se clôturera en octobre 2023. Une expérience, une écriture littéraire rare, à quatre mains, dans le domaine de l’édition.

Ce cycle, qui amènent ses créateurs à parcourir les chemins des librairies de France et de Navarre ainsi que les festivals de l’Imaginaire. Récemment au Mans où en 2021 et 2022, ils ont reçu, chacun, le prix de l’Imaginaire de la 25ème Heure du Livre du Mans ! Ainsi que beaucoup d'autres nprix à consulter sur le site de l'éditeur. Mais aussi, à attirer les titres de la presse peu encline à s'intéresser à la fantasy, comme le Point ! "Avec « La Tour de garde », une grande saga de fantasy française est en train de naître".

Et mention spéciale pour l'illustratrice des 6 couvertures qui formeront une fresque : "L’illustratrice Elena Vieillard a reçu, pour les couvertures du cycle de la tour de garde, le Prix du Graphisme au Grand Prix de l’imaginaire 2022."


jeudi 3 novembre 2022

APPRENDRE, SI PAR BONHEUR

 


APPRENDRE, SI PAR BONHEUR (2020) – To be thaught, if fortunate (2019)


Auteure : Becky CHAMBERS


- Nationalité : États-Unis
Né(e) à : Californie , 1985
Après avoir étudié les arts du spectacle, elle a travaillé en tant qu'administratrice de compagnies de théâtre. Elle a été également rédactrice technique.

Auteure de nouvelles et essais, elle se consacre à l'écriture à temps plein depuis 2010.
Son roman "L'espace d'un an" (The long way to a small angry planet", 2014) a été nominé pour plusieurs prix et a obtenu le Prix Julia-Verlanger en 2017.
En 2016, elle publie "Libration" (A Closed and Common Orbit), qui a été nominé pour le prix Hugo 2017 et qui a obtenu le Prix Julia-Verlanger en 2017.
Après avoir vécu en Écosse et en Islande, Becky Chambers est aujourd'hui retournée à ses racines, en Californie.

Editeur : L’ATALANTE

Traducteur : Marie SURGERS

Sortie : Août 2020

135 pages

 

 

Résumé 4ème de couverture :

« Nous n’avons rien trouvé que vous pourrez vendre. Nous n’avons rien trouvé d’utile. Nous n’avons trouvé aucune planète qu’on puisse coloniser facilement ou sans dilemme moral, si c’est un but important. Nous n’avons rien satisfait que la curiosité, rien gagné que du savoir. »
Un groupe de quatre astronautes partis explorer des planètes susceptibles d’abriter la vie : hommes et femmes, trans, asexuels, fragiles, déterminés, ouverts et humains, ils représentent la Terre dans sa complexité.
Le nouveau roman du sommet actuel de la SF positive.
Becky Chambers, après les trois volumes du cycle des « Voyageurs » (prix Hugo de la meilleure série en 2019), nous livre une méditation tendre et joyeuse sur l’appel de l’espace, le but ultime de la science et, au bout du compte, sur l’étincelle de vie qui nous anime tous.

« Écrire de la SF positive, c'est regarder les injustices dans les yeux et continuer de croire qu'on va les vaincre. » Élisa Thévenet, Le Monde.»

Ils sont 4, partis pour trouver une planète susceptible d’accueillir quelques colons terriens. Car notre Terre est sans doute sur le point de devenir invivable.

Ces explorateurs, envoyés par une organisation privée, appartiennent au deuxième équipage envoyé à travers notre galaxie, en stase…. Ils sont 4, avec leurs atouts scientifiques de haut niveau, réveillés pour entamer l’exploration de 3 mondes, des exoplanètes,  qui posséderaient des caractéristiques pour permettre une vie de terriens. A eux d’en évaluer les avantages et les inconvénients autour des conditions atmosphériques et climatiques, d’existence d’espèces animales dangereuses ou pas….

Mais là ne réside pas l’intérêt du récit raconté, souvent avec humour, à la première personne par Ariadne O’Neil, responsable de l’équipage. Ce sont bien les relations qui unissent, soudent, voire isolent ces 4 personnages. Outre Ariadne, Elena et Jack (le trio fusionnel) il y a là Chidonki (le solitaire).

Toutefois, la perte du contact avec leur base terrestre, va troubler ces explorations. Et les isoler dans cette immensité galactique… Les amener à prendre des décisions sur leur avenir exploratoire !

La narration, je l’ai soulignée, est savoureuse, parfois humoristique pour désamorcer des situations à problème. Avec la description d’une cohabitation forcée vécue entre analyses scientifiques et relations consenties et tolérées.

Le court roman est partagé en 4 chapitres, consacré à 4 exoplanètes que l’équipage va visiter….

A méditer, au regard des futurs voyages qui s’annoncent vers Mars ou pour des installations lunaires.

Extrait : « … Mon équipage et moi sommes secondaires. Tertiaires, même.

Malgré tout, il est capital pour nous que quelqu’un reçoive ceci.

Ne vous pressez pas. Ce fichier aura mis quatorze ans à atteindre la Terre et, si nous avons la chance que quelqu’un le lise immédiatement et réponde sans tarder, il repartira pour quatorze autres années. Donc, bien que nous ne puissions pas attendre éternellement, l’urgence, ici, est relative, comme souvent dans les voyages intersidéraux… 

Cela fait cinquante ans que nous avons quitté la Terre… J’ignore à quel point une planète peut changer en l’espace d’une vie. »  


A lire toujours aux éditions de l'Atalante


vendredi 21 octobre 2022

ROSINE, UNE CRIMINELLE SI ORDINAIRE

 


ROSINE (2022)- 1ère édition aux éditions du Caïman (2020)

Autrice : Sandrine COHEN -


Sandrine Cohen est comédienne, scénariste et réalisatrice de fictions et de documentaires. Passionnée de faits divers, elle a notamment réalisé trois documentaires sur des crimes de proximité, passionnels et familiaux. Elle s’est intéressée, au-delà du sensationnel au mécanisme du passage à l’acte. Rosine, une criminelle ordinaire est tiré de ces expériences.

Editeur : J’AI LU

Sortie : Septembre 2022

Prix : 7.60 €

288 pages

 

 

Couverture de l'édition en grand format

Résumé 4ème de couverture :

« Rosine Delsaux est une femme, une compagne, une amie, une mère parfaite. Pourtant, un jour, à l’heure du bain, elle noie ses deux filles. Tous s’interrogent : comment a-t-elle pu commettre ce geste irréparable ? Rosine, elle, ne donne aucune explication tangible à son acte, et elle ne cesse de répéter qu’elle est un monstre. Mais on ne tue pas ses enfants par hasard. C’est en tout cas ce dont Clélia, enquêtrice de personnalité auprès des tribunaux de Paris, est persuadée. Forte de cette conviction, elle va chercher ce qui dans la vie de Rosine a pu mener à ce crime. »

Le crime est horrible. Le « bon sens » de la population condamne en bloc.

Pourtant, derrière cet infanticide, qui en rappelle d’autres, peut se cacher une réalité sordide, une déchirure invisible, un déclencheur insoupçonné, oublié même de la « meurtrière ».

Clélia, l’enquêtrice, n’est pas une détective au sens « policier » du terme. Elle traîne derrière elle une vie cabossée, sordide, des échecs qui la brisent parfois…

Malgré cela, elle se plonge dans la psyché de Rosine. Celle qui ne voulait plus s’éveiller de ce cauchemar va voir surgir des failles d’une existence qu’elle a occultée. Derrière sa détresse qui l’anéantit, Clélia démêle, tant bien que mal, avec un refus de l'accusée,  une autre « vérité » ; qui pourrait bénéficier à celle qui se croit définitivement condamnée. Cela, malgré les dénégations d’une système judiciaire, policier aussi,  peu enclin à se perdre dans des méandres psychologiques complexes. Et une société prompte à « réagir à chaud ».

Le texte du roman est âpre, cru, sordide je l’ai souligné. Description d’un univers carcéral désenchanté, un système judiciaire pointilleux où se trament plus des enjeux de carrière, une police obligée d’aller à l’essentiel.

Sandrine COHEN, dans un texte fort, met souvent le doigt sur ce qui broie, tue, révolte ; que nous préférons ignorer. 

Le roman a obtenu le Grand prix de Littérature policière 2021

« … Deux gardiennes entrent, elles savent pourquoi Rosine est là. D’office, elles ne l’aiment pas, elles ne seront pas les seules et personne ne lui fera de cadeaux. En prison, on n’aime pas les tueurs d’enfants. Elles le lui font comprendre immédiatement. Nue, on lui avait dit nue, elle sait ce que c’est ?  A poil. Elle a le droit à la fouille intégrale et elles ne vont pas se gêner… »  Extrait

" C’est un des textes noirs les plus forts de l’année écoulée. Une histoire d’infanticide comme vous en avez rarement lu. Un style clair, sans fioritures, lumineux. Une héroïne déjantée, brillante, humaine, prête à tout pour rendre la justice. Sauver ce qui n’est pas sauvable."... Libération 

Rentrée littéraire de septembre 2022



jeudi 20 octobre 2022

AUX CONFINS DE L’UNIVERS, LES IMMORTELS NOUS OBSERVENT

 


LA 1 000ème nuit (2022) – Thousand Night (2005)

Auteur : Alastair REYNOLDS


Né en 1966 au Pays de Galles, Alastair REYNOLDS mène longtemps une double carrière, celle d’écrivain et d’astrophysicien au sein de l’Agence Spatiale Européenne, avant de se consacrer à la seule écriture en 2004. Au fil de ses premiers écrits, il brosse une fresque futuriste sans pareille qui l’installe bientôt au pinacle des créateurs d’univers : le Cycle des Inhibiteurs, immense succès de librairie. Hors cycle, on lui doit depuis divers recueils et une vingtaine de romans – dont le tout dernier, l’ébouriffant Eversion, paraîtra prochainement aux éditions du Bélial’.
Couverture de la version anglaise

Editeur : LE BELIAL – Collection UNE HEURE LUMIERE

Traducteur : Laurent QUEYSSI

Illustration de couverture : Aurélien POLICE

Sortie : Septembre 2022

Prix : 10.90 €

134 pages

 

 

Résumé 4ème de couverture :

« Dans plusieurs millions d’années…
Ayant essaimé à travers l’ensemble de la Galaxie, l’humanité s’est divisée en une myriade de cultures et civilisations adaptées à des contraintes environnementales et des modes de vie aux variétés pour ainsi dire sans limites. Ainsi en est-il de la Lignée Gentiane, mille clones immortels ou presque, issus d’une souche unique, qui arpentent les étoiles depuis des centaines de milliers d’années. Si, au fil du temps, chaque membre de la Lignée s’est singularisé, explorant et poursuivant ses intérêts propres, tous les deux cent mille ans, selon une antique tradition œcuménique, l’étrange fratrie se réunit pour partager ses expériences, souvenirs et projets – des célébrations grandioses qui culminent lors de la Millième Nuit. Jusqu’à ce qu’un grain de sable ternisse les dernières retrouvailles… Un détail, une anomalie insignifiante derrière laquelle pourrait bien se cacher un complot à l’échelle proprement astronomique…

« Reynolds est l’un des auteurs contemporains de hard SF les plus doués. »
PUBLISHERS WEEKLY
»

Un nouveau texte qui réunit tout ce qui constitue la réussite de la collection Une Heure Lumière.

Novella copieuse en pagination pour un auteur reconnu et respecté sur ses précédents textes édités. Le contenu pourrait paraître anecdotique. Il n’en est rien !

L’idée de base d’abord : une « famille nombreuse » d’immortels issue du clonage d'une seule et même personne. Elle parcourt l’univers dans son terme le plus large, qui scrute les planètes, leurs populations, la nature, pour en capter l’essence qui servira à la présenter une fois tous les 200 000 ans, sur une planète terraformée à cet effet. Un « son et lumière » destiné à enchanter ces créateurs/créatures qui ont perdu depuis longtemps l’art de rêver.

1 000 spectacles utilisant les ressources de la planète avant son retour au néant. La 1 000ème Nuit étant le point culminant de cet étrange pèlerinage. Sorte de "cousinade".

Pourtant, parmi ces immortels, se cache une « brebis galeuse », qui pourrait mettre en place « Le Grand Œuvre », un terme derrière lequel se cache un plan machiavélique. Susceptible de détruire des civilisations entières. Mais pas seulement.

Deux d’entre eux, dont le narrateur, vont mener leur enquête pour le démasquer et l’empêcher de mettre en péril la dynastie. Au prix de transgresser les règles immuables. Sauver leur peau quoi !

Alastair REYNOLDS empoigne joyeusement, de manière déstructurante, les caractères des uns et des autres. Une manière  pour les engager à une remise en question de leurs mœurs et de leur moralité quasi éternelle. A examiner et réagir contre ce qui a constitué si longtemps leur mode vie. Sous peine de se terminer en une catastrophe galactique.

Ah ! Pour savoir la raison d’une baleine en couverture créée par Aurélien POLICE, engagez-vous dans la lecture complète de l’œuvre ; la solution se cache dans les 134 pages du livre.

« La 1 000ème nuit » devrait ravir les amateurs de science-fiction exigeants. Ils pourront tenter d’imaginer l’ampleur de cette chronique d’immortels amoraux dans leurs drôles de vaisseaux !

"Il existe des astuces pour donner les sentiments qu’il y a un monde plus vaste derrières la page. Écrire des nouvelles est un très bon exercice pour apprendre à maîtriser ces méthodes, car on manque de place pour faire vivre son univers et raconter l’histoire. Si on arrive à écrire ça en 3000 mots, on acquiert une compétence qui sera très utile dans l’écriture de roman." Alastair REYNOLDS

1er tome du cycle des Inhibiteurs


vendredi 7 octobre 2022

QUAND GERMAINE BRIERE DEFENDAIT LES SOEURS PAPIN

 



                         Je ne sais pas si vous avez eu l'occasion de choisir un roman à partir d'une sélection de 10 ouvrages qui marquent la rentrée littéraire !

                 C'est ce qui m'est arrivé récemment sur le site du Prix Orange sur lecteurs.com !

                   Et surprise, ma candidature a été retenu. C'est ainsi que j'ai reçu le roman de Julia MINKOWSKI (présente à la librairie DOUCET récemment) "Par delà l'attente", qui vient de paraître aux éditions Jean-Claude Lattès.

4ème de couverture : "Au cœur des années 1930 et d’un fait divers qui a défrayé la chronique, le crime des sœurs Papin, une plongée dans la psyché de leur avocate, une femme libre en prise avec une justice d’hommes.

Le Mans, 29 septembre 1933. Maître Germaine Brière prononce les derniers mots de sa plaidoirie. Sur le banc des accusés, les sœurs Papin, les deux bonnes qui ont tué leurs patronnes. Il est minuit passé, les jurés rejoignent la salle des délibérations.
Dans le palais désert, Germaine attend le verdict. Elle se remémore les combats de sa vie. Bientôt, elle sera l’avocate qui a sauvé les domestiques assassines ou celle qui a échoué face à une justice d’hommes et de notables. Le triomphe ou la honte. Ne reste qu’à espérer…
Au cœur d’un fait divers qui ne cesse de fasciner, Julia Minkowski brosse le portrait d’une femme libre et révoltée.

En nous plongeant dans la psyché de sa consœur, figure oubliée de l’histoire, maître Julia Minkowski déploie avec maestria sa plume de romancière dans un premier texte puissant et vibrant.

Première sélection du prix du premier Roman 2022
Première sélection du prix Écrivains du Sud 2022

Sélection Prix du Roman  News Publicis Drugstore - Les Echos Week-End

« Une attachante héroïne de l’ombre. » Point de Vue

« Une réussite. » L'Express

« L’avocate des sœurs Papin sort de l’oubli. » Le Maine libre

« L’avocate pénaliste Julia Minkowski consacre son premier brillant roman à sa consœur oubliée. » ELLE

« À fleur de plume, Julia Minkowski raconte, avec sensibilité, le destin de Germaine Brière, première femme avocate au barreau du Mans et première femme à avoir accompagné  un détenu au pied de l’échafaud. » Gala

« Fascinant. » Europe 1

« Après Jean Genet, Ruth Rendell et Claude Chabrol, Julia Minkowski s’empare de l’une des affaires criminelles les plus sensationnelles du XXe siècle. » 
Le midi libre 

« Un premier roman à ne pas manquer. » France Inter"



                       Merci à lecteurs.com pour cet envoi. Un roman qui nous fait revivre l'attente du jugement du procès. Avec la "figure" oubliée, sans doute, de Germaine Brière, brillante avocate de la défense. Elle revit ainsi tout son parcours pour en arriver à cet instant. De ses moments de doute, mais aussi sa réussite professionnelle et personnelle semée de tant d'obstacles face à la misogynie d'une profession toute masculine.


                      A travers ces souvenirs, on parcours aussi la vie dans des rues familières du Mans...



Le 9 février 1933 Détective titre sur les soeurs Papin: "Deux anges? Non, deux monstres qui, au Mans, arrachèrent les yeux de leurs patronnes. Orbites vides, crânes défoncés, mais vivantes encore, les victimes moururent après une atroce agonie."

                      Une très bonne surprise de découvrir ce premier roman si ancré dans notre ville. Qui rappellera à beaucoup de mancelles et de manceaux le crime, la personnalité des sœurs Papin. Une histoire qui devait attirer l'attention du cinéma...




lundi 3 octobre 2022

L'OURS, LE ROMAN QUI EST L'ANTIDOTE A LA MOROSITE....

 


L’OURS (2020) – The Bear

L'édition originale

Auteur : Andrew KRIVAK


Dans son enfance en Pennsylvanie, Andrew Krivak a passé plus de temps à explorer la nature avec son frère qu’à user les bancs de l’école, avoue-t-il. Il faut croire que cette formation fut efficace intellectuellement aussi puisque son premier roman, The Sojourn (2011), a remporté deux prix littéraires et qu’un des suivants, The Signal Flame (2017), s’est retrouvé finaliste d’un autre. Andrew vit avec sa femme et leurs trois enfants entre Somerville, Massachusetts, et Jaffrey, New Hampshire, à l’ombre du mont Monadnock, qui a largement inspiré les descriptions de paysages de L’Ours.

Traduction : Héloïse ESQUIE

Editeur en poche : J’AI LU


Editeur : Globe (2021)


Sortie : Août 2022

Prix : 8.00 €

221 pages

 

 

Résumé 4ème de couverture :

« Ils ne sont que deux survivants humains, un père et sa petite fille, dans une maison au bord d’un lac. Leurs voisins ? Des arbres centenaires, des plantes millénaires, des oiseaux dont les appels trouent les cieux, des traces d’ours sur les troncs et une montagne qui n’a pas changé depuis la nuit des temps.
Au fur et à mesure que la fillette grandit, son père lui apprend tout ce qu’il peut pour la préparer à une vie en harmonie avec une nature majestueuse et tutélaire. Et le moment venu, quand elle se retrouvera seule, ce sera à l’ours d’être son ultime guide – cet ours qui parle, qui a toujours parlé, mais que les hommes avaient cessé d’écouter.
.. »

Bien souvent l’ours en peluche a accompagné notre enfance. Il a été, peut-être encore est, le confident silencieux des joies, des peines.

Alors imaginez que ce confident soit un véritable ours, qui parle, qui philosophe sur ce qui entoure un des personnages. Celui de la jeune fille, devenu la seule survivante de l’humanité, dans un monde où tout ce qui fut la modernité a disparu, rasé… La raison importe peu. Seule subsiste la forêt, les animaux. Et ce plantigrade s’avère un professeur patient pour apporter les réponses à ce qu’est devenue la vie sauvage, comment y vivre. A commencer par apprendre à écouter les arbres de la forêt :   Extrait : « … Les arbres sont les grands gardiens de la forêt, les vrais… et ce, depuis le début. Des animaux des temps anciens ont raconté que c’était les arbres eux-mêmes qui leur avaient appris à parler, car ils n’émettent jamais un son qui ne soit nécessaire. Chaque mot, tel un souffle, transporte avec lui un bien, une finalité. Pour cette raison les arbres sont les créatures les plus sages et les plus compatissantes des bois… ».


Le charme du texte tient à l’observation de l’apprentissage de cette jeune fille (nous ignorerons toujours son nom ; cela a si peu d’importance). Même la chasse des animaux avec l’ancestral arc, devient une école de la vie. Tout comme la connaissance des plantes, les bénéfiques comme les malsaines. Cela au fil des saisons. La mort y est évoquée avec pudeur et ne verse pas dans le mélodrame larmoyant. Elle fait partie intégrante de la vie…

L’ours devient le prolongement du père disparu. Le lecteur s’aperçoit alors que le texte d’Andrew KRIVAK est un conte (avec cette pointe de philosophie des Amérindiens sans doute) où le lecteur s’immerge.

C’est un livre qui apporte une grande sérénité, un appel à de vraies valeurs. L’être humain n’est jamais seul, s’il sait se tourner vers la nature…

C’est un texte utile dans le sens où il soigne notre morosité. Il fait un bien fou, à lire devant un feu en dégustant une boisson chaude parfumée aux herbes sauvages. Dans le silence de son esprit en s’ouvrant à l’écoute du bruissement des feuilles des arbres dans le vent. De quoi redécouvrir une attitude zen !