jeudi 23 février 2023

LE CHAT QUI VOULAIT SAUVER LES LIVRES

 


LE CHAT QUI VOULAIT SAUVER LES LIVRES (2022)

 

Auteur : Sôsuke NATSUKAWA


Sôsuke Natsukawa est un écrivain et médecin japonais né en 1978 à Osaka. Son premier roman, Kamisama no Karute, a reçu les prix Shogakukan Fiction et Japan Bookseller Award et a été adapté au cinéma. Publié en 2017, Le chat qui voulait sauver les livres a été un best-seller au Japon et à l’international, traduit dans 36 langues.

Traduction : Mathilde TAMAE-BOUHON

Editeur : NiL éditions

NiL, lancée par Nicole Lattès en 1994, a toujours été une petite maison généraliste à forte personnalité qui a rapidement imposé son style dans des domaines aussi variés que celui de la littérature étrangère, de la littérature française, des documents politiques ou encore des essais. Sans se poser la question des genres, cette « petite généraliste » a toujours défendu avec passion les regards d’auteurs originaux. En 2018, sous la direction de Claire Do Sêrro, la marque s’est parée de nouvelles couleurs : changement de maquette et auteurs inédits – français et étrangers –ont fait leur entrée : Maude Mihami, Joy Raffin, Mary Simses, Eve Chase, Christina Dalcher, Virginie Nuyen, Rupi Kaur, Janice Pariat, Albane Linÿer ou encore Kristen Roupenian ont rejoint la croisière sur le NiL. Un pari sur de nouvelles voix pétillantes, incarnées, modernes et impétueuses.

 


 


4ème de couverture :

Une ode merveilleuse à la lecture et à l’imagination faisant écho au Petit Prince...

Rintarô Natsuki, lycéen flegmatique, est sur le point de fermer la librairie héritée de son grand-père quand il reçoit une visite inattendue. Au milieu des livres, il découvre un gros chat brun tigré, un chat qui parle ! Et ce félin exprime une requête plutôt inhabituelle : il demande - ou plutôt exige - l’aide de l’adolescent pour aller sauver des livres.
Le monde serait en effet peuplé de livres solitaires, non lus et mal aimés que le chat et Rintarô se doivent de libérer de leurs propriétaires négligents.
Le duo atypique se lance alors dans une quête périlleuse au coeur de labyrinthes extraordinaires…

« Des chats, des livres, des amours de jeunesse et de l'aventure : de l'herbe à chat pour des lecteurs très variés ! » Kirkus Reviews

Rintarô Natstsuki est un « rêveur éveillé », entouré des livres de la librairie de son grand-père. Ils l’accompagnent, le nourrissent intellectuellement…

La perte de son grand-père marque une étape qui le plonge encore plus dans sa mélancolie. L’éloignant de son école où sa camarade Sayo essaie tant bien que mal de le ramener sur les bancs scolaires.

Il faut l’intrusion, dans son quotidien du deuil, un félin futé et bavard pour le sortir de sa torpeur. Oui, un chat qui parle, avec philosophie des livres. Il a besoin de Rintarô pour sauver les livres. Rintarô devenant son « chevalier » servant !

Car la librairie étroite, recèle un mystère qui permet d’agrandir à l’infini les étagères remplies d’ouvrages en tout genre.

Extrait : « …  L’allée semblait s’étirer sans fin, et les lampes suspendues au plafond continuaient de se succéder à intervalle régulier, sans qu’on puisse voir le bout. Les livres alignés sur les rayons devenaient à distinguer clairement. Outre des ouvrages récents à la brochure banale, il y avait aussi de vieux textes reliés à la japonaise et de merveilleuses antiquités à la couverture en cuir… »

Les pérégrinations des 2 personnages les mènent vers des individus qui menacent l’existence même des livres. Tel celui qui enferme les livres ; celui qui découpe les livres ; celui qui liquide les livres…

A travers les joutes verbales lors des rencontres avec différents personnages (des caricatures), Rintarô va, sans malice aucune, éveiller un sens qui lui manquait alors, la parole. Sa culture des textes classiques notamment, lui permet d’exposer avec justesse ce qui fait que l’on aime les livres, jusqu’à emplir nos bibliothèques. Et ce avec astuces et assurance.

Le roman de NATSUKAWA, pourrait paraître simpliste en surface. Pourtant il est empli de tout ce qui fait que nous sommes tous des lecteurs, loin des manœuvres commerciales de certains. Qui considèrent le livre comme un bien de consommation courante. Loin des clichés d’une certaine critique aussi !

Personnellement, je me suis laissé happer par l’écriture de cet auteur japonais. Suivant les pas du matou. Qui d’ailleurs représente sans doute l’animal littéraire par excellence. Il y a là une philosophie du livre en tant qu’objet lui-même. Avec son papier, son odeur, ses illustrations. C’est aussi une ode à ses libraires qui s’engagent dans le partage des littératures, par passion, sans exclusive… sans juger leurs lecteurs. Guide indispensable dans nos découvertes littéraires.

« … Disons-le sans détour : seules comptent les ventes. Peu importe le chef-d’œuvre, s’il ne se vend pas, il est condamné à disparaitre… »  - Extrait




L'ESPACE SELON THOMAS PESQUET

 








Thomas Pesquet, une odyssée française

Édition mise à jour

 « L’homme a toujours eu besoin de se confronter à des choses qui le dépassent. C’est en sortant de sa zone de confort qu’on apprend. »

Enfant déjà, Thomas Pesquet jouait à l’astronaute dans une fusée en carton fabriquée par son père. Ce livre retrace le parcours méconnu de ce garçon prodige qui a travaillé avec acharnement et passion pour devenir le plus jeune spationaute de l’Agence spatiale européenne. Voici le portrait d’un surdoué, symbole d’une réussite française, qui a déjà à son actif deux voyages de six mois à bord de l’ISS, dont un en tant que premier commandant français de l’histoire.
L’incroyable destin d’un homme qui a su rester simple et authentique, les pieds sur terre et la tête dans les
étoiles.


Auteur : Denis GRANDJOU

Edition en poche : J'AI LU

Février 2023

YMIR, OU L'ENFER DE LA GLACE



YMIR (2022)

 

Auteur : RICH LARSON 


Rich Larson est né au Niger. Il a vécu aux États-Unis, en Afrique du Sud, au Canada, en Espagne, à Prague. Entre ses débuts en 2011 et aujourd’hui, il a publié plus de deux cents nouvelles, souvent reprises dans les Year’s Best les plus prestigieux du domaine, et saluées par plusieurs prix de lecteurs. Son recueil La Fabrique des lendemains, paru aux éditions du Bélial’ en octobre 2020, a d’emblée raflé le Grand Prix de l’Imaginaire. À tout juste trente ans, il est le nouveau prodige de la science-fiction anglo-saxonne, le fer de lance d’une littérature post-eganienne qui, distillant les temps présents, synthétise le plus vertigineux des futurs. Ymir est son premier roman traduit en français.

Traduction : Pierre-Paul DURASTANTI

Editeur : LE BELIAL

Illustrateur : Pascal BLANCHE

 

YMIR en édition originale


Prix : 23. 90 €

380 pages

 

 

4ème de couverture :

Ymir est un monde de glace.
De violence et de douleur.
Un monde que Yorick connaît par cœur puisque c’est le sien.

Un monde qu’il déteste.
Et pourtant il lui faut y retourner pour y chasser un monstre.
Un grendel. Une créature des Anciens…
Mais il sait que sur Ymir il y a bien pire que le grendel.
Il y a celui qui lui a arraché la mâchoire vingt ans plus tôt — son frère.
Et sous les glaces d’Ymir, sous la rancœur et la haine, la révolution couve…

Sur cette planète gelée, Yorik, incognito, est chargé d’éliminer un grendel.

Sur ses épaules, pèse le poids à la fois des commanditaires de la compagnie d’exploitation et les mineurs, qui, s’ils connaissaient son passé sur la planète, auraient un sérieux contentieux à assouvir.

« Non si tu es venu tuer le grendel, ton passé m’importe peu. » - Extrait

Les manœuvres pour dissimuler sa véritable identité après 20 ans d’absence, représentent une dangerosité pour sa sécurité.

Malgré un environnement glacé et d’une certaine « pureté » des paysages, les conditions de l’activité minière s’avèrent sales, vulgaires, malsaines.

Rendant guère attachant les personnages. Parfaitement adapté à leur milieu.

Yorick n’est pas un nostalgique, lui « la gueule cassée ». Pourtant il se fond peu à peu dans cet univers glauque. Rich LARSON entraîne ce héros dans les bas-fonds de Ymir. Lui, le « félé », le désabusé.

« En tirant, il m’a emporté la moitié de la gueule. »

Yorick tourne et retourne le souvenir en s’y entaillant les doigts, tant il est resté parfait, tranchant comme un rasoir, au bout d’un si grand nombre d’années. Il lui paraît plus réel que ce qui s’est passé dans la grotte, son frère cadet vieilli, le grendel accroupi en silence dans son dos, le projet fou de lui ouvrir l’ansible. Mais il sait qu’il n’a pas rêvé, à cause de l’éventreur qui pulse dans son estomac… » - Extrait

 

Si vous aimez les ambiances glauques, suintantes, droguées, vous êtes  bon endroit. Et ce malgré un modernisme des univers du futur.

YMIR est un roman âpre, coup de poing, qui ne devrait pas tomber des mains du lecteur. Une traduction addictive. Voilà un « Germinal » galactique, avec des personnages toujours sur la tangente ! Qui veulent sauver leur peau, rester en vie coûte que coûte, au prix de sacrifices impensables !

Je vous recommande tout particulièrement cette lecture, surtout si vous avez aimé lire les nouvelles de Rich LARSON dans le recueil "LA FABRIQUE DES LENDEMAINS" chez le même éditeur, LE BELIAL... Grand Prix de l'Imaginaire 2021 « Nouvelle étrangère »




vendredi 23 décembre 2022

DANS L’ANTRE DES DIEUX DE LA MONTAGNE POUR PIERRE GRIMBERT

 


LE SANG DES PARANGONS – (2022)

Autrice : Pierre GRIMBERT


Né en 1970, Pierre Grimbert a exercé les métiers de bibliothécaire et infographiste. En 1998, le formidable succès du "Secret de Ji" le décide à se consacrer pleinement à l’écriture. Public et critique s’accordent alors à lui reconnaître un style fluide et vivant, n’ayant rien à envier aux maîtres anglo-saxons. Avec plus de deux douzaines de romans signés à ce jour, pour adultes et pour la jeunesse, Pierre Grimbert est un auteur incontournable de la Fantasy francophone.

Editeur : MNEMOS (2022)

Prix : 21 €

320 pages

 

 

4ème de couverture : « RENTRÉE DE LA FANTASY FRANÇAISE 2022 !

LE GRAND RETOUR DE PIERRE GRIMBERT

Le monde des hommes est en train de s’effondrer. Et toutes les prières, tous les sacrifices, semblent incapables d’y remédier. L’humanité assiste, impuissante, à son crépuscule. Une dernière chose doit cependant être tentée. Une folie, à la hauteur de cette situation désespérée.

Chaque nation, chaque territoire a ainsi désigné son champion. Certains sont des sages, des savants, ou des dévots. D’autres sont des mercenaires, des aventuriers ou des chevaliers. Il y a même des rois et des reines… Ils ne se connaissent pas, ils ont parfois des intérêts contraires, mais ils ont été réunis pour former le groupe des parangons. Une escouade d’exception dont la mission représente la dernière chance de survie de leurs peuples respectifs.

Ensemble, ils vont devoir pénétrer la montagne sacrée, siège du palais souterrain des dieux. Et s’ils parviennent jusqu’aux éternels, malgré les dangers légendaires que renferme cet endroit, ils devront les convaincre de sauver leur monde agonisant. En les suppliant… ou bien en les défiant, si nécessaire.

Mais combien de parangons verront leur sang versé sur le chemin, pour permettre aux autres de continuer ?

En restera-t-il un seul, qui pourra prouver que l’humanité mérite vraiment d’être sauvée ?

Né en 1970, Pierre Grimbert, avec le formidable succès du Secret de Ji paru en 1998,  change à tout jamais la fantasy francophone. Alliant un style fluide et vivant, des personnages inoubliables et une inventivité hors pair, Pierre Grimbert est l’un des auteurs incontournables de la fantasy francophone. »  

 

Parangon - définition :   Définit une personne accomplie, dont les actes sont dignes d'être imités. Désigne quelqu'un qui possède des qualités, des caractéristiques qui en font le représentant d'une catégorie.

 

Le thème de la quête se retrouve dans de très nombreux textes. A commencer par les écrits mythologiques. Plus près de nous dans le domaine de l’Imaginaire, on peut citer « Le Seigneur des Anneaux », le cycle de "Shanarra" et même Pierre GRIMBERT et le cycle de "JI".

Avec le SANG DES PARANGONS, il imagine un lieu sacré qui voit affluer depuis tous les territoire d’un monde non cartographié, une quarantaine de leurs représentants accompagnés de leurs délégations. Installés au pied d’une ouverture dans les flancs de monumentales falaises, ils attendent l’autorisation des religieux, gardiens de ce temple.

Inquiétude pour les uns, agressivité pour les autres, les manœuvres politiques des forts sur les faibles ne sont jamais très éloignés dans cette attente. Angoisse, car ils n’ignorent nullement le sort réservé à leurs prédécesseurs dont les cadavres s’entassent à la base de la montagne, un charnier lugubre.

Si cette quête doit être entreprise c’est que leur monde va mal. Les cataclysmes climatiques et géologiques menacent la survie des peuples… Leur engagement dans cet inconnu minéral doit leur permettre d’interroger les maîtres des lieux, apaiser la colère de leurs dieux. Et les convaincre de les laisser vivre aussi sereinement que possible.

En raison du nombre important de parangons, dont chacun possède qui un pouvoir, qui une maîtrise des arts de la guerre, Pierre GRIMBERT a recourt à une construction littéraire originale dont chaque chapitre du roman se concentre sur un des personnages en particulier. L’action se développe alors en fonction de leur interaction avec leurs découvertes des entrailles de la montagne. De leurs rencontres avec des créatures de la nuit.

Extrait : « … Une chaîne traversa soudain la salle pour aller se planter dans l’une des « joues » de la bête. C’était le vorch’ de Uanahu, qu’elle utilisait alors comme le plus violent des grappins. Le monstre tressaillit sous le choc, mais ses tentacules habiles le débarrassèrent vite de l’hameçon, et il se cambra à nouveau pour plonger vers Vidrieu… qui esquiva une fois encore, avant de pouvoir enfin se relever et tirer son épée d’une main tremblante… »

Ce qui se cache dans ces ténèbres, à toi lecteur de le découvrir tout au long des courts chapitres qui découpent le roman. GRIMBERT est un conteur et il sait accrocher son lecteur. Un roman jouissif  où Il distille sa Fantasy avec jubilation. Renouant avec les qualités  qui avaient fait le succès de « Ji ».



   


vendredi 18 novembre 2022

2 AUTEURS, 2 VILLES ET DES PRIX POUR LA TOUR DE GARDE !

 

Claire DUVIVIER et Guillaume CHAMANADJIAN


 

CYCLE DE LA TOUR DE GARDE

LE SANG DE LA CITE – TOME 1 – CAPITALE DU SUD (2021)

 

Editeur : Les FORGES DE VULCAIN

Sorties : Avril et octobre 2021

  


Résumé 4ème de couverture :

« Enfermée derrière deux murailles immenses, la Cité est une mégalopole surpeuplée, constituée de multiples duchés. Commis d’épicerie sur le port, Nox est lié depuis son enfance à la maison de la Caouane, la tortue de mer. Il partage son temps entre livraisons de vins prestigieux et sessions de poésie avec ses amis. Suite à un coup d’éclat, il hérite d’un livre de poésie qui raconte l’origine de la Cité. Très vite, Nox se rend compte que le texte fait écho à sa propre histoire. Malgré lui, il se retrouve emporté dans des enjeux politiques qui le dépassent, et confronté à la part sombre de sa ville, une cité-miroir peuplée de monstres. »

CITADINS DE DEMAIN – TOME 1 – CAPITALE DU NORD (2021)

 


4ème de couverture : « Amalia Van Esqwill est une jeune aristocrate de Dehaven, issue d’une puissante famille : son père possède une compagnie commerciale et sa mère tient un siège au Haut Conseil. Progressistes, ils lui ont offert, à elle et à d’autres enfants de la Citadelle, une instruction basée sur les sciences et les humanités. Jusqu’au jour où le fiancé d’Amalia se met en tête de reproduire un sortilège ancien dont il a appris l’existence dans un livre. Au moment précis où la tension accumulée dans les Faubourgs explose et où une guerre semble prête à éclater dans les colonies d’outre-mer, la magie refait son apparition dans la ville si rationnelle de Dehaven. Et malgré toute son éducation, Amalia ne pourra rien pour empêcher le sort de frapper sa famille et ses amis.

Deuxième roman de Claire Duvivier, Citadins de demain est le premier volume de la trilogie Capitale du Nord.

Capitale du Nord, constitue, avec Capitale du Sud (dont le premier volume, Le Sang de la cité, écrit par Guillaume Chamanadjian, est sorti en avril 2021) le cycle de la Tour de garde.»

 

Les éditions LES FORGES DE VULCAIN ont frappé fort pour ce cycle ambitieux.

Ambitieux, car si chaque auteur développe son propre univers autour d’une ville, les deux gardent à l’esprit une unité à l’issue de leur trilogie respective ; devant aboutir à une « union » des deux cités, peut-être.

Mais le lecteur s’interrogera sans doute sur ces deux premiers tomes.

Chronologie oblige, c’est CAPITALE DU SUD de Guillaume CHAMANADJIAN qui a « ouvert le bal » avec Gémina (calquée sur la ville italienne de Sienne).

Ville fortifiée et maritime constituée de duchés ; chacun d’eux avec leur spécificité propre avec une soif de pouvoir de plus en plus grande.

Le soleil, la mer, la gastronomie, le vin font penser immédiatement à une ville méridionale, où il fait bon vivre !

Nox, le personnel principal, pour ses livraisons de mets et vin, s’y déplace continuellement, appréciant la vie urbaine.

Son appartenance à la Maison de la Couane, la Tortue de Mer, une maison forte, lui apporte une grande liberté d’autonomie. Il est alors un témoin silencieux des changements qui agitent la cité. Derrière la douceur de vivre, son « insouciance » se trouble avec les frasques de sa sœur qu’il doit assumer. Et il y a ce recueil de poésies dont les textes lui rappellent son existence.

Des circonstances effrayantes l’amène à découvrir la faille, le glissement vers une réalité éloignée de la réalité de g2MINA ;

Nox devient alors le témoin atterré d’une réalité bien sombre, de la violence entre maisons. De la folie même ! L’éloignant peu à peu du poids politique de la Maison de la Couane. Un simple olivier entouré de légende va précipiter l’effondrement de ses certitudes.

Transportons-nous vers cette CAPITALE DU NORD. De l’autre côté de l’océan, il y a Dehaven, l’austère cité (calquée sur la ville néerlandaise d’Amsterdam). Claire DUVIVIER suit les traces d’Amalia Van Esqwill.

Le lecteur s’immerge alors dans un territoire régit par le commerce maritime. Amalia est très tôt formée à une certaine rationalité, en compagnie de 2 amis. Dans son enseignement, les arts sont bannis.

Tout pourrait l’amener à un mariage de raison mais hautement stratégique, entre deux grandes familles aristocratiques de la ville.

C’est dans ce climat sans chaleur que son fiancé acquiert des objets à qui il souhaite insuffler des pouvoirs magiques hypothétiques (un art banni et renié).

On sait ce qui peut arriver à un apprenti magicien ; ne pas appréhender la puissance du pouvoir ! Il y a notamment un miroir qui permet d’accéder à un double inquiétant de Dehaven, vide de tout habitant.

S’ajoutent des émeutes dans les comptoirs commerciaux de l’autre côté de l’océan ainsi que dans les quartiers populaires où la colère gronde contre les grandes familles.

Ce n’est pas l’ami d’Amalia, Yonas, le roturier, le fils de l’éclusier, qui pourrait empêcher un drame, violent, de se produire.

Ainsi se terminent les tomes 1 respectifs sur ces soulèvements populaires emprunts de violences.

 

Création chorale (chose rare dans l’édition) où chacun des auteurs (complices dans la vie comme dans l'écriture)  entreprend de bâtir une convergence de l’avenir des cités. Autour de la pratique d’un jeu de stratégie populaire très couru, la Tour de Garde, avec ses pièces improbables, autour d’un plateau de jeu qui voit s’affronter les meilleurs tacticiens pour l’honneur de leur cité….

Lisez, donnez à lire, Capitale du Nord et Capitale du Sud, édition qui se clôturera en octobre 2023. Une expérience, une écriture littéraire rare, à quatre mains, dans le domaine de l’édition.

Ce cycle, qui amènent ses créateurs à parcourir les chemins des librairies de France et de Navarre ainsi que les festivals de l’Imaginaire. Récemment au Mans où en 2021 et 2022, ils ont reçu, chacun, le prix de l’Imaginaire de la 25ème Heure du Livre du Mans ! Ainsi que beaucoup d'autres nprix à consulter sur le site de l'éditeur. Mais aussi, à attirer les titres de la presse peu encline à s'intéresser à la fantasy, comme le Point ! "Avec « La Tour de garde », une grande saga de fantasy française est en train de naître".

Et mention spéciale pour l'illustratrice des 6 couvertures qui formeront une fresque : "L’illustratrice Elena Vieillard a reçu, pour les couvertures du cycle de la tour de garde, le Prix du Graphisme au Grand Prix de l’imaginaire 2022."


jeudi 3 novembre 2022

APPRENDRE, SI PAR BONHEUR

 


APPRENDRE, SI PAR BONHEUR (2020) – To be thaught, if fortunate (2019)


Auteure : Becky CHAMBERS


- Nationalité : États-Unis
Né(e) à : Californie , 1985
Après avoir étudié les arts du spectacle, elle a travaillé en tant qu'administratrice de compagnies de théâtre. Elle a été également rédactrice technique.

Auteure de nouvelles et essais, elle se consacre à l'écriture à temps plein depuis 2010.
Son roman "L'espace d'un an" (The long way to a small angry planet", 2014) a été nominé pour plusieurs prix et a obtenu le Prix Julia-Verlanger en 2017.
En 2016, elle publie "Libration" (A Closed and Common Orbit), qui a été nominé pour le prix Hugo 2017 et qui a obtenu le Prix Julia-Verlanger en 2017.
Après avoir vécu en Écosse et en Islande, Becky Chambers est aujourd'hui retournée à ses racines, en Californie.

Editeur : L’ATALANTE

Traducteur : Marie SURGERS

Sortie : Août 2020

135 pages

 

 

Résumé 4ème de couverture :

« Nous n’avons rien trouvé que vous pourrez vendre. Nous n’avons rien trouvé d’utile. Nous n’avons trouvé aucune planète qu’on puisse coloniser facilement ou sans dilemme moral, si c’est un but important. Nous n’avons rien satisfait que la curiosité, rien gagné que du savoir. »
Un groupe de quatre astronautes partis explorer des planètes susceptibles d’abriter la vie : hommes et femmes, trans, asexuels, fragiles, déterminés, ouverts et humains, ils représentent la Terre dans sa complexité.
Le nouveau roman du sommet actuel de la SF positive.
Becky Chambers, après les trois volumes du cycle des « Voyageurs » (prix Hugo de la meilleure série en 2019), nous livre une méditation tendre et joyeuse sur l’appel de l’espace, le but ultime de la science et, au bout du compte, sur l’étincelle de vie qui nous anime tous.

« Écrire de la SF positive, c'est regarder les injustices dans les yeux et continuer de croire qu'on va les vaincre. » Élisa Thévenet, Le Monde.»

Ils sont 4, partis pour trouver une planète susceptible d’accueillir quelques colons terriens. Car notre Terre est sans doute sur le point de devenir invivable.

Ces explorateurs, envoyés par une organisation privée, appartiennent au deuxième équipage envoyé à travers notre galaxie, en stase…. Ils sont 4, avec leurs atouts scientifiques de haut niveau, réveillés pour entamer l’exploration de 3 mondes, des exoplanètes,  qui posséderaient des caractéristiques pour permettre une vie de terriens. A eux d’en évaluer les avantages et les inconvénients autour des conditions atmosphériques et climatiques, d’existence d’espèces animales dangereuses ou pas….

Mais là ne réside pas l’intérêt du récit raconté, souvent avec humour, à la première personne par Ariadne O’Neil, responsable de l’équipage. Ce sont bien les relations qui unissent, soudent, voire isolent ces 4 personnages. Outre Ariadne, Elena et Jack (le trio fusionnel) il y a là Chidonki (le solitaire).

Toutefois, la perte du contact avec leur base terrestre, va troubler ces explorations. Et les isoler dans cette immensité galactique… Les amener à prendre des décisions sur leur avenir exploratoire !

La narration, je l’ai soulignée, est savoureuse, parfois humoristique pour désamorcer des situations à problème. Avec la description d’une cohabitation forcée vécue entre analyses scientifiques et relations consenties et tolérées.

Le court roman est partagé en 4 chapitres, consacré à 4 exoplanètes que l’équipage va visiter….

A méditer, au regard des futurs voyages qui s’annoncent vers Mars ou pour des installations lunaires.

Extrait : « … Mon équipage et moi sommes secondaires. Tertiaires, même.

Malgré tout, il est capital pour nous que quelqu’un reçoive ceci.

Ne vous pressez pas. Ce fichier aura mis quatorze ans à atteindre la Terre et, si nous avons la chance que quelqu’un le lise immédiatement et réponde sans tarder, il repartira pour quatorze autres années. Donc, bien que nous ne puissions pas attendre éternellement, l’urgence, ici, est relative, comme souvent dans les voyages intersidéraux… 

Cela fait cinquante ans que nous avons quitté la Terre… J’ignore à quel point une planète peut changer en l’espace d’une vie. »  


A lire toujours aux éditions de l'Atalante