jeudi 21 avril 2022

LOIN DE LA LUMIERE DES CIEUX, QUI VOUS ENTENDRA HURLER DANS L'ESPACE ?

 


LOIN DE LA LUMIERE DES CIEUX– 2021 (Far from the light of heaven)

Couverture de l'édition originale

Auteur : Tade THOMPSON


Tade Thompson est un psychologue et écrivain britannique d'origine nigériane, auteur de science-fiction, de fantasy et d'horreur.

Né de parents yorubas, il a grandi au Nigeria. Sa famille a quitté le Royaume-Uni en 1976. Il a fait des études de médecine et d'anthropologie sociale et culturelle puis s'est spécialisé en psychiatrie. Il est retourné au Royaume-Uni en 1998.

Tade Thompson vit désormais dans le sud de l’Angleterre, où il exerce la profession de psychiatre.

En 2015, il publie son premier roman, "Making Wolf" qui obtient la même année le Kitschies Golden Tentacle Award.

Il est l’auteur de quatre romans et d’une vingtaine de nouvelles et novellas qui lui ont valu des prix d’importance dont deux fois le Nommo Award: en 2017 pour "Rosewater" (2016) et en 2018 pour "Les meurtres de Molly Southbourne" ("The Murders of Molly Southbourne", 2017).

Traduction : Michel PAGEL


Michel Pagel est un écrivain français.

Il est connu sous les pseudonymes suivants : Félix Chapel, Mike Nofrost, Terence Corman (collectif), Don A. Seabury (collectif), Luc Belladonnal (collectif) et Pierre-Alexis Orloff.

Depuis sa première nouvelle, parue en 1977 dans le fanzine "Espace-Temps", il a touché avec un égal bonheur à des genres aussi différents que la science-fiction: "Le Casino perdu" (1998), "L'Équilibre des paradoxes" (1999, Prix Rosny aîné, 2000 et Prix Julia-Verlanger, 2000), "La Taverne de l'espoir" (1984), la fantasy: "Les Flammes de la nuit" (1985-1987), "Les Immortels" (2006) et, surtout, le fantastique dont il est en France le maître incontesté.

"L'Œuvre du diable", dernier volume de son opus majeur, "La Comédie inhumaine" (5 tomes), est paru en 2004.

Son uchronie consacrée au roi de France Philippe Auguste ("Le Roi d'aout", 2002) a remporté en 2003 le Grand prix de l'imaginaire du meilleur roman francophone. Depuis, il s'essaye de temps en temps à ce genre particulier, notamment avec "Le dernier des Francs" (2012).

Auteur de la série "Panthéra" (2008-2018), sous le pseudonyme de Pierre-Alexis Orloff, Michel Pagel a renoué avec ses amours pour la littérature populaire, tout en conservant une inspiration proche de son cycle fantastique de "La Comédie inhumaine".

Il est également traducteur de nombreux ouvrages anglo-saxons: une partie de son œuvre distinguée en 2000, avec le Grand Prix de l'Imaginaire attribué à ses traductions de Joe Haldeman et Graham Joyce.

Editeur : J’AI LU


– Collection « Nouveaux Millénaires »

Sortie librairie mars 2022

316 pages, 20,00 €

 

Résumé de l’éditeur :

« Le Ragtime emporte à travers l’espace un millier de colons endormis à destination de Sang-Dragon, à plusieurs années-lumière de la Terre. Quand la commandante Campion se réveille, rien ne se passe comme prévu : l’IA qui pilote le vaisseau est défectueuse, et trente et un de ses passagers gisent, démembrés, hors de leur caisson de stase. Pourtant, la jeune femme est seule sur le vaisseau.
En réponse à son message de détresse, les autorités de Sang-Dragon envoient deux agents sur place, Rasheed Fin et son assistant artificiel, Salvo. Mais leur enquête tourne court quand le Ragtime commence à s’en prendre physiquement à eux… »

Lecteur d’Imaginaire depuis longtemps, au cours d’une discussion avec mon libraire, je me plaignais de trouver de moins en moins de romans de science-fiction en rayon. Si ce n’est des rééditions régulières de classiques du genre comme celle de « 2001, l’Odyssée de l’Espace » de Arthur C. CLARKE (également chez J’AI LU ce mois-ci) dans une nouvelle traduction de Gilles GOULLET.


Si vous êtes comme moi, précipitez-vous sur le tout nouveau roman de Tade THOMPSON « Loin de la lumière des cieux ». L’auteur de la trilogie ROSE WATER, ou les novellas autour du personnage de Molly SOUTHBOURNE.

Aux éditions J'ai Lu !

Aux éditions du Bélial



Enfin de la science-fiction, de la vraie (?). Espace, vaisseau spatial avec en prime une intrigue criminelle en lieu clos phobique. Là encore une Intelligence artificielle qui déraille, des corps démembrés, une commandante en panique. « … S.O.S., S.O.S…. Je me retrouve face à un gros problème. Pertes humaines multiples… ». Extrait !

Ce n’est pas l’enquêteur et son assistant artificiel androïde, envoyés par Sang-Dragon (but du voyage entrepris depuis la Terre), qui va la rassurer. Tout tourne à la catastrophe dans le vaisseau géant. Attaques de bots, plantes qui se développent de manière anarchique et agressive, irruption de créatures improbables… Jusqu’à l’arrivée en navette spatiale de l’oncle de la commandante en compagnie d’une entité extraterrestre de la race des Lambres dotée d’étonnants pouvoirs dont un haut potentiel torride… Pourquoi s’invite-t-il dans cette « galère ». Tout cela en apesanteur totale !

L’enquête s’oriente vers la présence d’un magnat à la fortune colossale fuyant un divorce embarrassant. Mais pourquoi figure-t-il parmi les victimes ?

Le roman est découpé en chapitres parfois courts, dédiés à chaque protagoniste. Tade THOMPSON utilise les codes classiques du genre pour mieux les « pulvériser ». On avait cru l’espace silencieux ; là, ça crie, ça hurle. Qui peut alors les entendre ? Surtout que l’air en vient à manquer et que le vaisseau géant semble capable de s’écraser sur Sang-Dragon. Les passagers n’ont aucun moyen de maîtriser la situation alors que l’impensable rôde dans les coursives.

Le texte est nerveux, les frissons du texte tiennent le lecteur en apnée, des relents claustrophobiques agitent son esprit ! L'auteur arrive même à glisser une allusion à l'Afrique et à une de ses tribus, lieu où se déroulait l'intrigue de "Rose Water" !

J’ai vraiment pris un grand plaisir à lire ce très bon roman. Un véritable « page-turner ». Qui réjouira les afficionados du genre et pourrait attirer un lectorat moins sensible à la science-fiction. Grâce à la maîtrise de l’auteur qui nous prouve encore qu’il est un très bon représentant des littératures de l’imaginaire !

"... Un examen de plus près révèle des piquants sur les tentacules. Malgré cela, Shell en empoigne un, prend appui des deux pieds sur la paroi du vaisseau et tire. Rien ne bouge,. Après avoir suivi l'un  des longs membres jusqu'au point le plus éloigné de Joké, le plus proche du mur, elle arme son pistolet et appuie sur la détente. Le tentacule se rompt et du liquide jaillit, forme un nuage aérosol - une substance d'un noir d'encre qui obscurcit la vue et fait Dieu sait quoi d'autre...." " - Extrait  

"Tade Thompson, lauréat du prix Arthur C. Clarke, fait un retour triomphal à la science-fiction avec cette vision inoubliable de l'avenir de l'humanité dans le vide glacial de l'espace."

Un titre de 2020 à venir dans une traduction française ?



                                            

lundi 11 avril 2022

RETOUR DANS L'EGYPTE UCHRONIQUE DE DJELI CLARK POUR CE MAITRE DES DJINNS

 


MAÎTRE DES DJINNS – (A Master of Djinn) 2021

Auteur : P. Djèli CLARK


Né en 1971 à New York, P. Djèlí Clark a passé la majeure partie de sa jeunesse à Houston, Texas. Mais c’est à Trinité-et-Tobago, le pays d’origine de ses parents, qu’il a vécu ses toutes premières années. Quand il n’écrit pas de la fiction, il est historien et chercheur en étude comparée de l’esclavage et de l’émancipation dans le monde atlantique.

Traduction : Mathilde MONTIER

Illustration de couverture : Stephan MARTINIERE

Editeur : L’ATALANTE – Collection « LA DENTELLE DU CYGNE »

Février 2022

468 pages

 

Résumé de l’éditeur :

«Le Caire, 1912. Vêtue d’un complet trois pièces – un ensemble blanc du plus bel effet sur sa peau cuivrée –, Fatma lisse sa cravate couleur d’or en veillant à exhiber les boutons de manchette scintillant aux poignets de sa chemise bleu nuit. Puis elle pose son chapeau melon sur sa courte crinière bouclée.

Oui, Fatma el-Sha’arawi est une redoutable sapeuse. C’est aussi une énergique et compétente enquêtrice du ministère de l’Alchimie, des Enchantements et des Entités surnaturelles. Et la voici en charge de l’assassinat collectif de la Fraternité d’al-Jahiz par un inconnu qui se prétend… al-Jahiz lui-même, le puissant mystique qui a ouvert la porte de l’Égypte à la magie et aux djinns cinquante ans plus tôt.
Imposture ? Ça ne fait aucun doute pour Fatma. Mais encore faut-il identifier et traquer ce mystérieux terroriste que des pouvoirs inouïs rendent, semble-t-il, invulnérable. Une enquête à tiroirs à l’issue de quoi on dirait bien que notre héroïne devra encore sauver le monde.

Avec Maître des Djinns, Phenderson Djèlí Clark signe son premier roman et nous entraîne au cœur d’une Égypte uchronique flamboyante. »

 

 

Fatma El-Sha’Araw par Mar Ch, un artiste polonais...



Le lecteur avait connaissance du personnage Fatma El-Sha’Arawi, agente spéciale du ministère égyptien de l’Alchimie, des Enchantements et des Entités surnaturelles au cours de la nouvelle « L’étrange affaire du Djinn du Caire ». Une dandie enquêtrice !  






Introduisant ainsi un pays, une Egypte alternative, où les créatures issues des légendes arabes, les Djinns, s’installaient dans la société du pays avec us et coutumes. Grâce à un personnage mythique, al-Jahiz qui avait déchiré le voile entre les deux mondes.



« L’Egypte, joyau mystérieux de l’Orient, terre des pharaons, des légendaires Mamelouk et de mille et une merveilles… L’Egypte siégeait parmi les grandes puissances et le Caire distançait à grand train Londres, voire Paris… »

C’est dans ce fourmillement familier que Djèli CLARK délecte son lecteur de moult détails technologiques décalés, des petites échoppes, des traditions anciennes dont celles liées aux dieux du panthéon égyptien tout en restant arabe dans les pratiques religieuses. Une occasion pour lui d’approfondir le cadre d’une Egypte uchronique du début du XXème siècle tout en élargissant le cadre géographique aux pays de l’Europe. Où les créatures imaginaires liées à nos folklores propres (faeys, gobelins…) ont fait irruption dans notre réalité.

Le roman, un format inédit pour l’auteur jusqu’à présent, lui donne l’occasion d’approfondir le caractère et l’entourage de Fatma. Vis-à-vis, des institutions officielles et politiques, de ses relations avec sa hiérarchie et ses collègues (et notamment cette jeune et prometteuse Hadia qui fait ombrage à ses méthodes d’investigations) ; il y a aussi ses relations avec son garde du corps et du cœur qu’est Siti. La belle indépendante se heurte avec la très haute société mais aussi ses bas-fonds. Ses certitudes vacillant face à un personnage énigmatique et légendaire revenu du monde des limbes (al-Jahiz). Mais que cache le masque dont il s’affuble, quelle est son projet improbable ; est-il réel, ou s’agit-il d’un imposteur ? Mais comment se comporter, se confronter à lui, alors qu’il maîtrise toutes les magies les plus puissantes et se fait obéir des créatures magiques elles-mêmes ! « L’al Jahiz que j’ai étudié était un précepteur, dit Fatma. Un penseur, un inventeur, un homme de bien, de vérité et de justice. Un philosophe qui parlait de liberté. Que Dieu m’en soit témoin, dans aucune de mes lectures on ne l’a qualifié de meurtrier… » Extrait.

A toi lecteur de t’aventurer avec délices, humour aussi, dans la quête, dans l’enquête de Fatma. Excellente occasion de relire les deux précédents textes introduisant ces univers magiques. 

Avec un clin d’œil à la musique jazzy Nouvelle-Orléans !

Mathilde MONTIER, la traductrice, a su rendre la fluidité du récit. Démontrant que l’auteur est aussi à l’aise dans le roman que dans la nouvelle. Il lui permet d’apporter une richesse d’imaginaire supplémentaire qui ne nuit pas le moins du monde à l’intrigue, la renforce. En résumé, une très belle surprise, agréable pour le lecteur accro à ce type de littérature.

Une mention particulière à l’illustrateur de couverture, Stephan MARTINIERE, avec son interprétation du décor du ministère de l’Alchimie… A signaler que la présente édition du roman se présente sous une forme brochée mais aussi sous couverture cartonnées. Une bonne idée de cadeau à l’occasion.

Et un grand merci à Julien GUERRY pour l’envoi de cette dernière édition !  

"Clark explore habilement le colonialisme et l'histoire du Caire avec un cadre immersif qui agit comme un autre personnage dans cette délicieuse combinaison de mystère, de fantaisie et de romance. Donnez ceci aux passionnés d'histoire alternatifs et aux lecteurs mystérieux qui apprécient une dose de magie."Booklist, Starred Review 

"A Master of Djinn est tout ce que vous pouvez attendre de Clark : une action cinématographique, une réinvention radicale de l'histoire réelle et de la magie à chaque page.." Hugo Award winner Alix E. Harrow



 

jeudi 17 mars 2022

DANS LA DIMENSION DE OBLIVION SONG, LE CHOIX BD DES CHRONIQUES D'ARRAKIS

 


OBLIVION SONG TOME 1 – (2018)Editeur US



Auteur : Robert KIRKMAN


Robert Kirkman est un jeune mais prolifique auteur (né le 30 novembre 1978 dans le Kentucky). Il se fait connaître avec la série Battle Pope qu’il publie lui-même au sein de la structure éditoriale qu’il a créé, Funk-O-Tron. Il est repéré par Image Comics qui publie BRIT et Invincible. Les films de George Romero lui inspirent différents scénarii de comics basés sur des histoires de zombies, dont The Walking Dead. Il puise dans ses souvenirs de jeunesse pour le scénario de sa série Invincible. Les aventures de ces superhéros adolescents sont un immense succès et deviennent l’un des fleurons de l’éditeur Image Comics.

Texte © Delcourt

Dessinateur : Lorenzo DE FELICI


Lorenzo De Felici est né en 1983 à Frascati, en Italie. Il suit un cursus « scénario pour cinéma et télévision » à Rome puis s’oriente vers la BD et poursuit son apprentissage à la Scuola Romana dei Fumetti, d’où il sort diplômé en 2006. Il débute alors en tant que coloriste chez Sergio Bonelli et réalise les couvertures de Lukas, dessinées par Michele Benevento, et de Caravan, d’Emiliano Mammucari, avec qui il re-travaillera plus tard sur la série Orfani. Chez Marvel Comics il met en couleur trois couvertures d’Amazing Spider-Man. En 2011, il se lance enfin en tant que dessinateur avec Drakka aux éditions Ankama, suivi de Alix et Arsénou à Rome chez Clair de Lune, tous deux scénarisés par Brémaud. En 2015, c’est avec Davy Mourier, Lewis Trondheim et Olivier Vatine qu’il s’engage sur le projet de SF : Infinity 8. Aujourd’hui, il est dessinateur et coloriste pour la France et l’Italie et travaille aussi bien en BD qu’en presse jeunesse.

Mise en couleur : Annalisa LEONI

Traduction : Lucile CALAME

Editeur : DELCOURT (2018)

160  pages

 

 

Toutes les reproductions des images BD de ce texte sont la propriété de leurs auteurs et de leurs maisons d'édition !


Résumé 4ème de couverture :

« Il y a dix ans, 300 000 habitants de Philadelphie ont disparu et ont été happés dans une autre dimension, surnommée Oblivion.

Le gouvernement a tout fait pour tenter de les retrouver et de les ramener, mais après quelques années, le programme de recherches a été abandonné. Seul Nathan Cole, un scientifique qui a mis au point une technologie de transfert vers cette dimension, continue à se rendre inlassablement sur place au péril de sa vie, afin d'extraire les survivants de cet enfer.

Mais est-ce que tous les disparus ont vraiment envie de rentrer...

Pourquoi souhaiteraient-ils rester là-bas, en dépit des dangers qui les guettent à chaque instant ? »

Ceci est une première dans les Chroniques d'Arrakis, puisque je vais parler de bande dessinée.

Je suis, depuis longtemps, un amateur de comics américain ; je précise, de l’âge d’or du comics : d’abord D.C. puis Marvel !

Toutefois, au détour des années 1990, j’ai laissé tomber ; par lassitude, mais surtout une surenchère de ces deux éditeurs, réveillé temporairement par « Spawn » de Mc Farlane et les créations du label « Image ».

Puis un jour, plus d’envie si ce n’est de lire, relire et redécouvrir en V.O. les grands anciens : Kirby, Dikto, Buscema ou Adams, Neal Adams!

Récemment, par le truchement d’un prêt auprès de la Médiathèque du Mans, j’ai eu en main le premier tome d’une production « Image »/« Skybound », « OBLIVION SONG » chez DELCOURT. Signature scénaristique de Robert KIRKMAN, le fameux créateur de la saga « Walking Dead »

Je l’avoue je ne suis pas attiré par le graphisme de  DE FELICI, et la mise en couleur de LEONI. Plus accro de la version collector en Noir et Blanc.

Anecdote : quand j’ai découvert la couverture de ce tome 1, j’ai cru voir le personnage de Fatalis (rire). Toutefois, je me suis plongé dans les textes de KIRKMAN et de l’intrigue qui est d’un thème assez classique pour un amateur de lecture de l’Imaginaire : un accident transporte un morceau de territoire et ses habitants de Philadelphie dans une autre dimension, Oblivion. Une dimension où grouillent des créatures monstrueuses.


Le personnage principal, Nathan Cole, s’est engagé dans une quête pour récupérer peu à peu ces « naufragés » et les ramener dans notre dimension. Même si son but ultime est de retrouver son frère. Au mépris des dangers mortels qu’il rencontre. Grace à une technologie qu’il a développée et contre les instructions du gouvernement en place.

Chaque épisode est l’occasion de montrer ces déplacements temporels mais aussi d’appréhender le monde d’Oblivion. D’en découvrir la survivance des groupes d’humains, leur combat quotidien. C’est un aspect de l’œuvre qui m’a particulièrement intéressé, ainsi que la psychologie et les relations entre les différents personnages, leur interaction avec leur environnement… D'un côté comme de l'autre. Leurs difficultés à vivre une "vie normale" dans leur relationnel scientifique ou intime.

Au-delà du script classique dis-je, mais qui peu à peu se complexifie avec différents indices d’une présence autrement dangereuse, des entités appelées « Les Sans-Visage », très évolués technologiquement parlant. Que veulent-ils ? C’est d’ailleurs la voie que semble prendre KIRKMAN à la fin du présent tome 1.

Aujourd’hui, aux USA , la série compte 35 numéros. Et sans doute une adaptation cinématographique dans l'avenir !

Le dernier numéro paru, à ma connaissance

En France, DELCOURT, nous a proposé 5 albums comportant environ 6 épisodes chacun. Plus des reprises de couvertures, et des variants d’autres dessinateurs…

variant cover de David FINCH

Revenons au dessins de DE FELICI ; je l’ai dit ce n’est pas ce qui m’a attiré de prime abord. C’est plutôt les compositions des pages. Passant des classiques cases à une pleine page. Avec une économie de détails parfois.


Et même l’absence de dialogues, pour laisser « parler » le dessin. Avec une approche très cinématographique ! Qui apporte presque des mouvements de travelling, de contre plongée qui évoquent la rapidité d'une fuite par exemple.
Page 1 du tome 1

Les émotions des uns interagissent avec les réactions des autres de manière forte. Je me suis laissé porter par ce travail graphique intelligent ; gommant mes à priori. Les couleurs, comme dans nombre de productions actuelles, sont parfois agressives (mais ce n'est que mon avis !). Elles noient presque le dessin. Sans doute portées par les nouvelles technologies en matière de mise en couleur. D’où mon attirance vers le dessin brut, en noir et blanc donc j’ai pu apprécier quelques reproductions…

Je vais lire les autres albums même si j’ai pu découvrir déjà certains des derniers numéros en V.O. D’ailleurs, il est à souligner que ce tome 1 est sorti d’abord en France, chez DELCOURT, en 2018, alors que la série n’était pas encore disponible aux U.S.A. Où elle continue à sortir en fascicules mais avec des reprises en albums au fur et à mesure. Aura-t-elle autant de numéros de WALKING DEAD ? Si le cœur vous en dit jetez un œil aussi sur les autres titres développés par KIRKMAN chez DELCOURT.



Et suivez les autres travaux graphiques de DE FELICI !

Illustration de couverture
 
Le tome 3







Ces albums sont disponibles au Mans chez la librairie BULLE.


 

Samuel CHAUVEAU, qui officie à la destinée  BULLE, la plus grande librairie spécialisée en BD de France


 


jeudi 10 mars 2022

HABEMUS PIRATAM, LE ROMAN VRAI DU DARK WEB, OU PRESQUE...

 


HABEMUS PIRATAM – 2ème édition (2018)

Auteur : Pierre RAUFAST


Pierre Raufast est né à Marseille en 1973. Depuis son premier roman, La Fractale des raviolis (prix de la Bastide et prix Talents Cultura 2014), il se plaît à jouer avec les structures narratives. Quand il n’écrit pas, il travaille dans la cybersécurité (et vice versa). 

Portrait (c) Nelly Raufast

Editeur : AUX FORGES DE VULCAIN (2022)

Sortie : Février 2022

Illustration de couverture : Elena VIEILLARD

Prix : 20 €

215 pages

 

 

4ème de couverture : « Francis mène une vie bien calme. Il faut dire qu’il est curé dans la vallée de Chantebrie et que ses paroissiens ont peu de péchés palpitants à lui confesser. Jusqu’au jour où un homme débarque dans son église pour s’accuser d’avoir enfreint chacun des dix commandements. Plaisir inattendu : l’homme est un hacker de génie et ses crimes sont pour le prêtre l’occasion de découvrir avec délice un monde dont il ne soupçonnait pas l’existence : le monde des pirates informatiques, de la cybersécurité et du dark web. Francis met alors le doigt dans un engrenage numérique qui va l’entraîner beaucoup plus loin que prévu. »    

 

Extrait : « Je viens me confesser parce que je vais mourir. J’ai péché. Pour cela on va me tuer. C’est l’évidence. Je ne le nie pas… pour les gens qui me poursuivent, tout est possible, mon père. Je le crains d’avantage que le jugement dernier… »

 


Le jeune père Francis reçoit ainsi la confession d’un « énigmatique » paroissien qui va lui dévoiler, semaine après semaine, à travers les textes des 10 Commandements, l’envers d’un décor que nous côtoyons journellement, à l’insu de notre plein gré. Par notre ignorance, notre faiblesse, parfois notre inconscience, nous laissons derrière nous une multitude de cailloux invisibles sur la toile informatique, mais qui dessinent notre personnalité. Ainsi que nos modes de vie, nos turpitudes aussi pour certains. Des informations qui intéressent fortement des entités plus ou moins bien cachées pour tenter de s’infiltrer dans notre quotidien et parfois nous arnaquer.



C’est à travers ces chroniques numériques bien banales pour celles et ceux qui possèdent les outils, les connaissances du détournement que nous entraîne le roman de Pierre RAUFAST « HABEMUS PIRATAM ».

Alors que je frappe ces quelques lignes, je regarde mon outil informatique d’un œil différent, mon clavier, les bruits de connexion, mon écran ! Ouf, je ne possède pas de webcam.  Guettant d’éventuel signes de piratage. Le ver est peut-être dans le fruit ou la fenêtre !

Lisez, faites lire « HABEMUS PIRATAM » ! Pour l’excellence du texte dans son écriture, son intrigue si proche de la vérité. Un glossaire des termes informatiques et une postface où la vérité du monde des hackers se dévoile.

L’actualité relaie quelquefois ces faits divers et les événements actuels en sont les révélateurs. Pourtant téléphones portables, tablettes, ordinateurs sont devenus indispensables tout comme les arnaques de plus en plus sophistiquées, les attaques de sites plus ou moins stratégiques. Malgré les parades mais qui ont « un train de retard ». Chaque élément informatique est une potentielle porte d’entrée pour le dérégler, l’utiliser sans laisser de traces.

J’ai particulièrement aimé comment notre hacker réussit à s’infiltrer dans la sécurité du musée du Louvre pour y dérober une œuvre d’art, ou comment il est possible de trouver le dernier roman en gestation d’une saga littéraire célèbre. Plus dramatique, les conséquences d’une panne provoquée volontairement d’un réseau électrique. On y apprend même que les acteurs du darknet, les hackers, tiennent salon où l’on s’échange les bons trucs et les derniers logiciels de piratage à la mode.

« HABEMUS PIRATAM » est un « roman » que vous allez dévorer page après page jusqu’au dénouement final, inattendu ! Ah ! J’allais oublier, l’humour qui teinte l’ensemble du texte avec des chroniques rurales si vraies. Du quotidien d’un prêtre dans un coin perdu de France. Et d'une "descente aux enfers" dans l'univers du web !

« … C’est à ces petits détails qu’on reconnait le vrai pro… » Extrait      


                       Je vous recommande ces autres romans de Pierre RAUFAST  



Le premier roman édité de Pierre RAUFAST en 2017