dimanche 2 avril 2023

DYSTOPIE POUR UN CHIEN 51

 


CHIEN 51 – (2022)

Autrice : Laurent Gaudé


Né en 1972, Laurent Gaudé a fait des études de Lettres Modernes et d’Etudes Théâtrales à Paris. En 1997, il publie sa première pièce, Onysos le furieux, à Théâtre Ouvert. Ce premier texte sera monté en 2000 au Théâtre National de Strasbourg dans une mise en scène de Yannis Kokkos. Suivront alors des années consacrées à l’écriture théâtrale, avec notamment Pluie de cendres, jouée au Studio de la Comédie Française, Combat de Possédés, traduite et jouée en Allemagne, Médée Kali, jouée au Théâtre du Rond-Point, Les Sacrifiées, créée au Théâtre des Amandiers à Nanterre, Caillasses, créée au Théâtre du peuple à Bussang, ou Danse, Morob, créée à Dublin.

Son premier roman, Cris, est publié en 2001. Avec La Mort du roi Tsongor, il obtient, en 2002, le prix Goncourt des Lycéens et le prix des Libraires. En 2004, il est lauréat du prix Goncourt pour Le Soleil des Scorta, roman traduit dans 34 pays.

Editeur : ACTES SUD (2022)

 

 

4ème de couverture :

                        Autrefois, Zem Sparak fut, dans sa Grèce natale, un étudiant engagé, un militant de la liberté. Mais le pays, en faillite, a fini par être vendu au plus offrant, malgré l’insurrection. Et dans le sang de la répression massive qui s’est abattue sur le peuple révolté, Zem Sparak, fidèle à la promesse de toujours faire passer la vie avant la politique, a trahi. Au prix de sa honte et d’un adieu à sa nation, il s’est engagé comme supplétif à la sécurité dans la mégalopole du futur. Désormais il y est “chien” – c’est-à-dire flic – et il opère dans la zone 3, la plus misérable, la plus polluée de cette Cité régie par GoldTex, fleuron d’un post-libéralisme hyperconnecté et coercitif. Mais au détour d’une enquête le passé va venir à sa rencontre.

« Chien 51 est un projet auquel je pense depuis de nombreuses années. La pandémie et les confinements successifs ont accéléré sa genèse. Parce que soudainement, la dystopie s’est invitée dans notre aujourd’hui.

Étonnamment, j’ai retrouvé dans l’écriture de ce roman d’anticipation le même plaisir que pour La Mort du roi Tsongor. Laisser mon imagination se déployer, inventer un univers, avec son histoire, ses règles, ses aspirations et ses dysfonctionnements. Et puis surtout, interroger notre monde, par ricochet. Chien 51, c’est une version possible de demain. Un reflet grimaçant de notre visage.

Dès le début de l’histoire, le sang a été versé. La trame policière interroge la tragédie par l’autre bout de la chronologie. Il ne s’agit plus d’essayer vainement d’échapper à son sort comme le font les héros tragiques, mais de remonter le fil de ce qui a mené au meurtre. Au fond, je crois que j’ai écrit sur la mémoire. Le personnage de Zem Sparak est un homme qui porte en lui des mondes disparus. C’est un sentiment qui m’envahit de plus en plus : l’impression croissante, alors que j’avance en âge, de porter en moi des mondes qui n’existent plus. Est-ce que nous ne sommes pas tous, un jour ou l’autre, des animaux antiques perdus dans une société qui va trop vite ?

Chien 51 est un livre sombre, noir, mais il y a en son cœur un point de lumière : celui de la transmission. Le personnage fatigué de Zem Sparak rencontre une jeune femme sans mémoire, Salia Malberg, à qui il va confier le soin de se souvenir. Au moment où lui quitte le monde avec soulagement, elle commence à le comprendre avec douleur. C’est ce qui se joue pour moi dans le livre : la possibilité d’une passation et donc l’expression d’une humanité.” »

– Laurent Gaudé

 

Dystopie : récit de fiction dépeignant une société imaginaire organisée de telle façon qu'il soit impossible de lui échapper et dont les dirigeants peuvent exercer une autorité totale et sans contrainte de séparation des pouvoirs, sur des citoyens qui ne peuvent plus exercer leur libre arbitre.






Exemples de romans dystopiques : 1984, FARENHEIT 451, LA SERVANTE ECARLATE

 

Exemple de dystopie au cinéma








« Aux petites heures du matin, avant que l’aube ne fasse scintiller les façades des immeubles, les drones décollent les uns après les autres comme une grappe de bourdons. Chacun a son plan de vol… Ca et là, des quartiers cossus de Grandelune, Spada et Petit-Chagrin en Zone 2, aux huit districts de la zone 3… Ils réveillent la ville… la campagne pour l’élection d’un nouveau membre à la Commission directoire… » Extrait

 

La rencontre entre Zem et Salia ne se passe pas au mieux. Elle réside en Zone 2 et lui en Zone 3, il devient alors son « chien ». Une enquête qui va révéler de sombre pratique. Tout cela à partir de la découverte d’un cadavre au torse ouvert largement et pour lequel manque un élément physiologique évident, en d’autre circonstance.

Ils confrontent avec irritations leurs Zones respectives. Avec leur us et coutumes.

Au-delà, l’auteur décrit les humains dans la Magnopole créé de toutes pièces par les multinationales après avoir acheté un pays entier en faillite, la Grèce. Là elles y ont parqué les populations qui ont eu l’obligation de migrer malgré des rebellions et des manifestations réprimées dans le sang par des milices recrutées pour l’occasion.

Laurent Gaudé immerge le lecteur de CHIEN 51 dans les soubresauts qui agitent la Zone 3, plongée dans les pires conditions humaines et climatiques.

Zem, lui, a trouvé l’échappatoire à son univers glauque avec une drogue qui lui permet de retrouver les instants fugitifs d’une autre vie. Au risque de se perdre physiquement.

J’ai beaucoup aimé la lecture de CHIEN 51. C’est un roman coup de poing comme on en lit peu décrivant des dérives politiques et économiques bien connues. C’est ainsi une façon d’appréhender un « avenir » tellement d’aujourd’hui ! Laurent Gaudé, par son sens du roman, de l’écriture, parvient à insuffler à la fois du dégout pour cette société mais aussi une minuscule porte de sortie où les uns et les autres pourraient bien se précipiter, se révolter ! On survit comme on peu !  




mercredi 22 mars 2023

L'APPEL DU LARGE AVEC JACK AUBREY

 



LES AVENTURES DE JACK AUBREY

Volume 1

Auteur : Patrick O’BRIAN

Traduction : Jean-Charles PROVOST

Edition en poche : J’AI LU

1 150 Pages

Prix : 10.90 €

 

 

 

4ème de couverture :

Tome 1 - Maître à bord - Capitaine de vaisseau

Un salon de musique, en 1800. On y écoute le quatuor en ut majeur de Locatelli. L’un des auditeurs bat la mesure. Cela indispose son voisin, un jeune homme triste et pauvre, qui lui donne un coup de poing dans les côtes. L’affront doit être lavé. Ainsi, avec l’un de ces duels qui avaient déjà guidé d’Artagnan vers les Mousquetaires, naît une amitié hors du commun entre Jack Aubrey, lieutenant puis capitaine de la Royal Navy à l’époque des guerres napoléoniennes, et le Dr Stephen Maturin, chirurgien, ornithologue et agent secret de Sa Très Gracieuse Majesté.

Réunis en un seul volume, les deux premiers tomes d’une œuvre pleine de finesse et d’humour au succès mondial.

 

« …Mais Jack était incapable de se concentrer sur ces colonnes de noms et de chiffres. La mer étincelante, d'un bleu plus foncé que le ciel, et le sillage blanc qui la traversait attiraient irrésistiblement son regard vers la fenêtre de poupe. Il finit par fermer les livres, et s'offrit le luxe de contempler le spectacle. Il se dit que s'il en avait envie, il pourrait dormir. Il regarda autour de lui, savourant cette merveilleuse intimité qui constituait, en mer, le plus rare des privilèges… » Extrait

 

Déjà parus en intégrale, chez OMNIBUS, les aventures de Jack AUBREY, dont l’un des tomes a donné lieu à une adaptation cinématographique, « MASTER AND COMMANDER ».



Comment vous encourager à vous engager dans la Royal Navy sur les trace de Jack AUBREY ? Ne vous effrayez point de la pagination de ce volume 1. Il y a là tous les ingrédients qui fascinent dans les histoires de marine au XIXème siècle.

Vous avez certainement vu les images des fêtes des Vieux Gréments ou de l’Armada de Rouen. Dans ces pages vous allez pouvoir sentir, voir, ce que pouvait être cette vie de marin avec le souffle de la mer sur le visage. Vous monterez dans les mâtures, carguerez les voiles, mais aussi ressentirez le frisson de l’Aventure.

Allez, embarquez, car vous allez vivre le quotidien de ces navires à voiles qui font rêver avec un guide en la personne de Jack AUBREY, capitaine de légende maritime Par un des maîtres de ce genre littéraire, Patrick O’BRIAN le plus français des auteurs britanniques qui vécut très longtemps près des côtes du Roussillon, à Collioure…  

Le tome 2 est d’ores et déjà disponible…










YMIR, la planète qui vous veut du mal !

 




YMIR (2022)

Auteur : Rich LARSON

Traduction : Pierre-Paul DURASTANTI

Edition française : LE BELIAL

Illustration de couverture :  Pascal BLANCHÉ

384 Pages

Prix : 23.90 €

 

 

 

4ème de couverture :

Ymir est un monde de glace.
De violence et de douleur.
Un monde que Yorick connaît par cœur puisque c’est le sien.
Un monde qu’il déteste.
Et pourtant il lui faut y retourner pour y chasser un monstre.
Un grendel. Une créature des Anciens…
Mais il sait que sur Ymir il y a bien pire que le grendel.
Il y a celui qui lui a arraché la mâchoire vingt ans plus tôt — son frère.
Et sous les glaces d’Ymir, sous la rancœur et la haine, la révolution couve…

Rich Larson est né au Niger. Il a vécu aux États-Unis, en Afrique du Sud, au Canada, en Espagne, à Prague. Entre ses débuts en 2011 et aujourd’hui, il a publié plus de deux cents nouvelles, souvent reprises dans les Year’s Best les plus prestigieux du domaine, et saluées par plusieurs prix de lecteurs. Son recueil La Fabrique des lendemains, paru aux éditions du Bélial’ en octobre 2020, a d’emblée raflé le Grand Prix de l’Imaginaire. À tout juste trente ans, il est le nouveau prodige de la science-fiction anglo-saxonne, le fer de lance d’une littérature post-eganienne qui, distillant les temps présents, synthétise le plus vertigineux des futurs. Ymir est son premier roman traduit en français.

« Ymir s’empare de vous et ne vous lâche plus. » JAMES PATRICK KELLY

 

YMIR, c’est de la pure SF !

« Chapitre 00

UN ÉNORME vaisseau bocal brun rouille, grêlé et balafré par son voyage, dégringole le ciel sombre et hurlant d’Ymir. Montés du champ de glace, les drones filent à sa rencontre tels des essaims d’insectes, goûtant la coque de leurs bouches électromagnétiques et demandant à connaître la cargaison. Il signale de l’alliage de nickel, de l’hydrogène brut et une quantité négligeable de fret humain. Quand il se loge dans son berceau gansé de givre, la chaleur des stabilisateurs sublime la glace. Des nuées de vapeur fusent en tous sens. Le vaisseau bocal gémit, frémit, s’immobilise enfin, puis s’ouvre aux tunnels souterrains où des ouvriers automatisés et des dockers exosquellés attendent de le décharger. Par-delà les entrepôts d’alliage et les cuves d’hydrogène, au fond de ses noires entrailles, il y a le bassin de torpeur. Le courant paresseux autour du réacteur baratte les corps qui s’enlacent et se désenlacent, masse à la dérive de chair bleuie. Squelettiques, émaciés au long de leur périple, ils ont la peau pelliculée de blanc par le liquide de stase. Bien qu’en état de mort clinique, ils ne possèdent pas le statut de cadavres. À l’extrémité du bassin, une porte pliante s’escamote. Deux dockers entrent dans un afflux de vapeur. L’une porte une longue perche crochue sur son épaule. Un drone minuscule se cramponne au bout. « Ils déroutent un vaisseau pour un seul corps, dit-elle. Ce doit être un agent de compagnie. – On lui fait un dégel perso, alors ?

On l’envoie au nord. Ils s’occuperont de ça en route. » Extrait

Sur cette planète glacée, Yorick (l’homme à la mâchoire synthétique), incognito, est chargé d’éliminer cette entité monstrueuse qui rôde dans les galeries d’une mine. Il ne lui faut pas oublier le poids d’un passé dont ces commanditaires de la compagnie se soucient peu, et ces anciens compagnons que sont les mineurs qui pourraient lui faire la peau.

Les manœuvres pour dissimuler sa véritable identité après 20 années de fuite représentent un danger pour sa sécurité.

YMIR est une planète où se côtoient la saleté, la vulgarité, la rudesse de la vie d’une cité minière.

Rich LARSON rend souvent ses personnages peu sympathiques, adaptés à la vie difficile sur YMIR. Yorick est un déraciné guère nostalgique de ce milieu hostile. Il en connaît la violence, la méfiance et les déviances.

Extrait : « … En tirant, il m’a emporté la moitié de la gueule. Yorick tourne et retourne le souvenir en s’y entaillant les doigts, tant il est resté parfait, tranchant comme un rasoir, au bout d’un si grand nombre d’années. Il lui paraît plus réel que ce qui s’est passé dans la grotte, son frère cadet vieilli, le grendel accroupi en silence dans son dos, le projet fou de lui ouvrir l’ansible. Mais il sait qu’il n’a pas rêvé, à cause de l’éventreur qui pulse dans son estomac... »

Il est entraîné dans les bas-fonds, toujours sur « la corde raide » ; un fêlé, un désabusé, les pires, où l’odeur de la sueur surnage malgré le froid glacial !

Si vous aimez les ambiances glauques, suintantes, droguées, YMIR est le roman qu’il vous faut absolument lire. Âpre, des coups de poings violents dans l’imaginaire du lecteur. Traduction addictive et captivante. On se laisse glisser avec fascination peu à peu dans cet univers bien loin éloigné des descriptions policées du Futur. Je me rappelle notamment d’un certain film, OUTLAND avec Sean CONNERY en shérif d’une station minière de l’espace. 


 


L'adaptation en Comics par Jim STERANKO





vendredi 24 février 2023

PLUS SOMBRE EST LA NUIT AVEC LA TRILOGIE "NEVERNIGHT"

 


NEVERNIGHT VOLUME 1  

N’OUBLIE JAMAIS (2016)

 

Auteur : Jay KRISTOFF


Jay Kristoff, né en 1973 en Australie, collectionne les succès et les récompenses. Titulaire d'une licence d'art, il a passé onze ans à travailler dans le secteur de la publicité créative à la télévision. Nevernight est un phénomène de fantasy qui s’est imposé comme un best-seller dans trente-cinq pays. Le succès de cette trilogie a créé une incroyable communauté de fans à travers le monde.

Traduction : Sébastien GUILLOT

Edition française d’origine : De SAXUS (2020)


Edition en poche : J’AI LU (octobre 2022)

773 Pages

Prix : 10.50 €

 

 

 

4ème de couverture :

NE JAMAIS RECULER

NE JAMAIS AVOIR PEUR

NE JAMAIS OUBLIER

Fille d’un renégat dont la rébellion a avorté, Mia Corvere a réchappé de justesse à l’extermination des siens. Livrée à elle-même, elle erre dans une ville bâtie sur les ossements d’un dieu mort, traquée par le Sénat et les anciens camarades de son père. À seize ans, elle va devenir l’une des apprentis du groupe d’assassins le plus dangereux de toute la République : L’Église rouge. Dans cette institution où les trahisons et les confrontations violentes sont monnaie courante, l’échec est puni de mort. Mais si elle survit à son initiation, elle fera partie des élus de Notre-Dame du Saint-Meurtre et se rapprochera un peu plus de son unique raison de vivre : la vengeance.

 

Existe-t-il vraiment des écoles d’assassins ?

Sous la plume de Jay KRISTOFF cela devient réel !

Toutefois son héroïne, avant de l’intégrer, va vivre des chemins tortueux faits de vengeance’, de violence, de coups bas, de misères, de mise à l’épreuve…

Mais Mia Corvere est entêtée ; les préceptes qui lui sont assénés continuellement et qui figurent en couverture du roman, sont là pour endurcir sa personnalité.

Premier tome d’une trilogie comme les aiment les éditions De SAXUS, spécialiste de littérature de l’Imaginaire plutôt orientée « Young Adult ».

NEVERNIGHT avec son atmosphère à 3 soleils, où le mot « tour » remplace le mot « jour », est un roman addictif, qui a les qualités dans la mise en place de cet univers, des personnages, où l’intrigue se dévoile avec brutalité...

« … Sang. Douleur. Obscurité.

C’est tout ce dont Mia se souvenait des moments ayant suivi la perte de son bras. Une douleur blanche, aveuglante, qui remontait de son estomac en même temps que le vomi et les cris. » Extrait

Heureusement, son compagnon à 4 pattes, Gentilhomme, un chat fait d’ombre, par ses conseils, aide régulièrement notre héroïne.

Si vous lectrice ou lecteur, de ce genre d’intrigue, vous êtes tombés sur une pépite du genre, qui va vous occuper bon nombre de nuit, en sachant que les deux derniers tomes sont désormais disponibles en poche, chez J’AI LU. A moins que vous ne préfériez les éditions plus luxueuses chez De SAXUS pour orner votre bibliothèque. En attendant de découvrir d’autres romans du même auteur ! 

  










 


jeudi 23 février 2023

LE CHAT QUI VOULAIT SAUVER LES LIVRES

 


LE CHAT QUI VOULAIT SAUVER LES LIVRES (2022)

 

Auteur : Sôsuke NATSUKAWA


Sôsuke Natsukawa est un écrivain et médecin japonais né en 1978 à Osaka. Son premier roman, Kamisama no Karute, a reçu les prix Shogakukan Fiction et Japan Bookseller Award et a été adapté au cinéma. Publié en 2017, Le chat qui voulait sauver les livres a été un best-seller au Japon et à l’international, traduit dans 36 langues.

Traduction : Mathilde TAMAE-BOUHON

Editeur : NiL éditions

NiL, lancée par Nicole Lattès en 1994, a toujours été une petite maison généraliste à forte personnalité qui a rapidement imposé son style dans des domaines aussi variés que celui de la littérature étrangère, de la littérature française, des documents politiques ou encore des essais. Sans se poser la question des genres, cette « petite généraliste » a toujours défendu avec passion les regards d’auteurs originaux. En 2018, sous la direction de Claire Do Sêrro, la marque s’est parée de nouvelles couleurs : changement de maquette et auteurs inédits – français et étrangers –ont fait leur entrée : Maude Mihami, Joy Raffin, Mary Simses, Eve Chase, Christina Dalcher, Virginie Nuyen, Rupi Kaur, Janice Pariat, Albane Linÿer ou encore Kristen Roupenian ont rejoint la croisière sur le NiL. Un pari sur de nouvelles voix pétillantes, incarnées, modernes et impétueuses.

 


 


4ème de couverture :

Une ode merveilleuse à la lecture et à l’imagination faisant écho au Petit Prince...

Rintarô Natsuki, lycéen flegmatique, est sur le point de fermer la librairie héritée de son grand-père quand il reçoit une visite inattendue. Au milieu des livres, il découvre un gros chat brun tigré, un chat qui parle ! Et ce félin exprime une requête plutôt inhabituelle : il demande - ou plutôt exige - l’aide de l’adolescent pour aller sauver des livres.
Le monde serait en effet peuplé de livres solitaires, non lus et mal aimés que le chat et Rintarô se doivent de libérer de leurs propriétaires négligents.
Le duo atypique se lance alors dans une quête périlleuse au coeur de labyrinthes extraordinaires…

« Des chats, des livres, des amours de jeunesse et de l'aventure : de l'herbe à chat pour des lecteurs très variés ! » Kirkus Reviews

Rintarô Natstsuki est un « rêveur éveillé », entouré des livres de la librairie de son grand-père. Ils l’accompagnent, le nourrissent intellectuellement…

La perte de son grand-père marque une étape qui le plonge encore plus dans sa mélancolie. L’éloignant de son école où sa camarade Sayo essaie tant bien que mal de le ramener sur les bancs scolaires.

Il faut l’intrusion, dans son quotidien du deuil, un félin futé et bavard pour le sortir de sa torpeur. Oui, un chat qui parle, avec philosophie des livres. Il a besoin de Rintarô pour sauver les livres. Rintarô devenant son « chevalier » servant !

Car la librairie étroite, recèle un mystère qui permet d’agrandir à l’infini les étagères remplies d’ouvrages en tout genre.

Extrait : « …  L’allée semblait s’étirer sans fin, et les lampes suspendues au plafond continuaient de se succéder à intervalle régulier, sans qu’on puisse voir le bout. Les livres alignés sur les rayons devenaient à distinguer clairement. Outre des ouvrages récents à la brochure banale, il y avait aussi de vieux textes reliés à la japonaise et de merveilleuses antiquités à la couverture en cuir… »

Les pérégrinations des 2 personnages les mènent vers des individus qui menacent l’existence même des livres. Tel celui qui enferme les livres ; celui qui découpe les livres ; celui qui liquide les livres…

A travers les joutes verbales lors des rencontres avec différents personnages (des caricatures), Rintarô va, sans malice aucune, éveiller un sens qui lui manquait alors, la parole. Sa culture des textes classiques notamment, lui permet d’exposer avec justesse ce qui fait que l’on aime les livres, jusqu’à emplir nos bibliothèques. Et ce avec astuces et assurance.

Le roman de NATSUKAWA, pourrait paraître simpliste en surface. Pourtant il est empli de tout ce qui fait que nous sommes tous des lecteurs, loin des manœuvres commerciales de certains. Qui considèrent le livre comme un bien de consommation courante. Loin des clichés d’une certaine critique aussi !

Personnellement, je me suis laissé happer par l’écriture de cet auteur japonais. Suivant les pas du matou. Qui d’ailleurs représente sans doute l’animal littéraire par excellence. Il y a là une philosophie du livre en tant qu’objet lui-même. Avec son papier, son odeur, ses illustrations. C’est aussi une ode à ses libraires qui s’engagent dans le partage des littératures, par passion, sans exclusive… sans juger leurs lecteurs. Guide indispensable dans nos découvertes littéraires.

« … Disons-le sans détour : seules comptent les ventes. Peu importe le chef-d’œuvre, s’il ne se vend pas, il est condamné à disparaitre… »  - Extrait




L'ESPACE SELON THOMAS PESQUET

 








Thomas Pesquet, une odyssée française

Édition mise à jour

 « L’homme a toujours eu besoin de se confronter à des choses qui le dépassent. C’est en sortant de sa zone de confort qu’on apprend. »

Enfant déjà, Thomas Pesquet jouait à l’astronaute dans une fusée en carton fabriquée par son père. Ce livre retrace le parcours méconnu de ce garçon prodige qui a travaillé avec acharnement et passion pour devenir le plus jeune spationaute de l’Agence spatiale européenne. Voici le portrait d’un surdoué, symbole d’une réussite française, qui a déjà à son actif deux voyages de six mois à bord de l’ISS, dont un en tant que premier commandant français de l’histoire.
L’incroyable destin d’un homme qui a su rester simple et authentique, les pieds sur terre et la tête dans les
étoiles.


Auteur : Denis GRANDJOU

Edition en poche : J'AI LU

Février 2023

YMIR, OU L'ENFER DE LA GLACE



YMIR (2022)

 

Auteur : RICH LARSON 


Rich Larson est né au Niger. Il a vécu aux États-Unis, en Afrique du Sud, au Canada, en Espagne, à Prague. Entre ses débuts en 2011 et aujourd’hui, il a publié plus de deux cents nouvelles, souvent reprises dans les Year’s Best les plus prestigieux du domaine, et saluées par plusieurs prix de lecteurs. Son recueil La Fabrique des lendemains, paru aux éditions du Bélial’ en octobre 2020, a d’emblée raflé le Grand Prix de l’Imaginaire. À tout juste trente ans, il est le nouveau prodige de la science-fiction anglo-saxonne, le fer de lance d’une littérature post-eganienne qui, distillant les temps présents, synthétise le plus vertigineux des futurs. Ymir est son premier roman traduit en français.

Traduction : Pierre-Paul DURASTANTI

Editeur : LE BELIAL

Illustrateur : Pascal BLANCHE

 

YMIR en édition originale


Prix : 23. 90 €

380 pages

 

 

4ème de couverture :

Ymir est un monde de glace.
De violence et de douleur.
Un monde que Yorick connaît par cœur puisque c’est le sien.

Un monde qu’il déteste.
Et pourtant il lui faut y retourner pour y chasser un monstre.
Un grendel. Une créature des Anciens…
Mais il sait que sur Ymir il y a bien pire que le grendel.
Il y a celui qui lui a arraché la mâchoire vingt ans plus tôt — son frère.
Et sous les glaces d’Ymir, sous la rancœur et la haine, la révolution couve…

Sur cette planète gelée, Yorik, incognito, est chargé d’éliminer un grendel.

Sur ses épaules, pèse le poids à la fois des commanditaires de la compagnie d’exploitation et les mineurs, qui, s’ils connaissaient son passé sur la planète, auraient un sérieux contentieux à assouvir.

« Non si tu es venu tuer le grendel, ton passé m’importe peu. » - Extrait

Les manœuvres pour dissimuler sa véritable identité après 20 ans d’absence, représentent une dangerosité pour sa sécurité.

Malgré un environnement glacé et d’une certaine « pureté » des paysages, les conditions de l’activité minière s’avèrent sales, vulgaires, malsaines.

Rendant guère attachant les personnages. Parfaitement adapté à leur milieu.

Yorick n’est pas un nostalgique, lui « la gueule cassée ». Pourtant il se fond peu à peu dans cet univers glauque. Rich LARSON entraîne ce héros dans les bas-fonds de Ymir. Lui, le « félé », le désabusé.

« En tirant, il m’a emporté la moitié de la gueule. »

Yorick tourne et retourne le souvenir en s’y entaillant les doigts, tant il est resté parfait, tranchant comme un rasoir, au bout d’un si grand nombre d’années. Il lui paraît plus réel que ce qui s’est passé dans la grotte, son frère cadet vieilli, le grendel accroupi en silence dans son dos, le projet fou de lui ouvrir l’ansible. Mais il sait qu’il n’a pas rêvé, à cause de l’éventreur qui pulse dans son estomac… » - Extrait

 

Si vous aimez les ambiances glauques, suintantes, droguées, vous êtes  bon endroit. Et ce malgré un modernisme des univers du futur.

YMIR est un roman âpre, coup de poing, qui ne devrait pas tomber des mains du lecteur. Une traduction addictive. Voilà un « Germinal » galactique, avec des personnages toujours sur la tangente ! Qui veulent sauver leur peau, rester en vie coûte que coûte, au prix de sacrifices impensables !

Je vous recommande tout particulièrement cette lecture, surtout si vous avez aimé lire les nouvelles de Rich LARSON dans le recueil "LA FABRIQUE DES LENDEMAINS" chez le même éditeur, LE BELIAL... Grand Prix de l'Imaginaire 2021 « Nouvelle étrangère »