jeudi 9 septembre 2021

ORMESHADOW EST UNE REUSSITE FANTASTIQUE POUR LES CHRONIQUES D'ARRAKIS

 


ORMESHADOW – 2021 

Auteure : Priya SHARMA



Traduction : Anne-Sylvie HOMASSEL

Editeur : LE BELIAL – Collection « UNE HEURE-LUMIERE »

04/2021

170 pages, 10,90 €

 

Résumé de l’éditeur :

« Ère victorienne. Angleterre.
Les temps sont durs, et les revers de fortune légion. Ainsi en est-il pour Clare et John Belman, contraints de quitter Bath, sa modernité et ses milieux culturels sophistiqués, pour l’antique ferme familiale d’Ormesleep, dans la région d’Orme­shadow. Au regard de Gideon, leur fils unique, c’est le pire des déracinements. D’autant qu’Ormesleep est le domaine de Thomas, son oncle paternel, figure tyrannique implacable, personnage aigre et brutal. Dans ce nouveau contexte dépourvu d’horizon, alors que les adultes nouent leur propre drame mortel, les fabuleux récits narrés par son père à propos des environs constituent l’unique échappatoire de Gideon. Des récits qui font écho à une légende familiale tenace au sujet d’un dragon endormi sous la falaise, dragon dont l’un des membres de la famille Belman, génération après génération, aurait la garde… À l’heure où son univers s’écroule, quand fantasme et réalité s’entrechoquent, le chemin qui fera du jeune Gideon un homme s’annonce des plus périlleux. »

« Un monde magistralement incarné, peuplé de personnages que l’on peut toucher du doigt et dont les émotions bouillonnent littéralement. »
Tade Thompson

Née en 1971, Priya Sharma grandit dans le Cheshire. Médecin généraliste, elle débute sa carrière littéraire à l’aube des années 2000, publiant ses premières nouvelles dans divers supports, revues et anthologies, d’Interzone à Tor.com. Son premier recueil, All the Fabulous Beasts, a été salué par le prix Shirley Jackson — tout comme Ormeshadow, sa première traduction en langue française.

 



« … Ainsi commença l’aventure… La Nature dit bien peu souvent à sa pauvre créature : « Regarde !... elle ne répond : « Ici » qu’une fois le jeu de cache-cache devenu lassant et fastidieux... ». Extrait de Tess d’Uberville – Thomas HARDY

Les légendes courent la lande. Les vagues de la Cornouaille lèchent ses côtes étranges déchiquetées aux formes dragonnesques.

Un univers où les hommes ont le caractère rude, les femmes trop effacées.

C’est dans cet environnement, bien loin de celui des villes, que la famille de Gidéon rejoint pour y vivre, vers une exploitation agricole à laquelle son père a hérité pour moitié en son temps, partagée avec son frère qui a assumé toutes les charges d’entretien et d’élevage jusqu'à présent. Mais la cohabitation entre les deux frères parait difficile. Les frictions sont nombreuses malgré la bonne volonté du père de Gideon… Et il y a l'attitude perturbante de sa mère. L'exploitation  paraît plus un piège qu'un havre sécurisant. 

Un roman qui joue beaucoup sur les sous-entendus, les non-dits. Un fantastique proche du « Tour d’écrou » de Henri JAMES.

Personnellement, j’ai tout de suite été conquis par la qualité de l’écriture de Priya SHARMA, qui par petites touches mène ses chroniques de la haine ordinaire vers leur dénouement. Bien qu’acteur, Gidéon, à cause de l’amour qu’il porte à son père, peine à appréhender la réalité. Ce qui le « sauve, ce sont les chroniques "imaginaires" de son père et sans doute les livres… Et peut-être un étrange héritage venu du fond des âges. Et puis il y a la rudesse de ce monde agricole encore ancré dans les traditions patriarcales. C'est sans doute, ce qui va amener Gidéon à la révolte salutaire !

« … Fils, regarde. Gidéon rejoignit son père. Le soleil faisait des manières pour se coucher dans les flots de sang orange et rouge. Gidéon sentit l’odeur de sel. L’immensité de l’océan était une sensation nouvelle pour lui.« C’est cela, l’Orme… » -  Extrait

Ce roman, court, fut lauréat du prix Shirley Jackson 2019 et le British Fantasy 2020… 

Je recommande à celles et ceux qui recherchent un ouvrage où la fantasy est presque "anecdotique" !


  

 


samedi 4 septembre 2021

LES CHRONIQUES D'ARRAKIS SONT DANS LES PAS DES HERITIERS DE FABIEN CLAVEL

 


LES HERITIERS – 2021

Auteur : Fabien CLAVEL



Editeur : ACTUSF

Illustration de couverture : ZARIEL

Avril 2021

744 pages, 20.90 €

 

Résumé : « Paris, 1899.
Les fées sont parmi nous. 
Cachées. 
On les appelle des Faux-Semblants. 


"En pleine Belle Époque, Raphaël Acanthe, jeune séducteur, découvre à la faveur d’un duel qu’il est l’un de ces Faux-Semblants : un sylve.  De Paris au Sahara en passant par Budapest, cette découverte l’emmène dans un engrenage infernal, entre les diverses factions de fées et les complots contre la Monarchie féerique. Entraîné malgré lui dans cette intrigue tentaculaire, Raphaël en compagnie d’un groupe hétéroclite de Faux-Semblants, dont Béla, un pitoyable mais si attachant vampyr, et Una, une dangereuse fleur de métal, va mettre à jour une terrifiante machination qui pourrait dévoiler au monde l’existence des fées." 

Auteur d’une cinquantaine de romans et lauréat d’une vingtaine de prix littéraires, Fabien Clavel aime à arpenter tous les genres de l’Imaginaire avec un égal plaisir. Cette fois, son roman mêle la fantasy au steampunk pour emmener le lecteur dans une aventure trépidante où le suspense se teinte de magie. »

 

                     AVIS AUX AMATEURS DE ROMANS FEUILLETONS, ce roman est dans l’esprit littéraire de la fin XIXème siècle ou début XXème siècle, des exploits de FANTOMAS de SOUVESTRE et ALLAIN, ROULETABILLE de Gaston LEROUX ; et pourquoi pas les aventures des héros de pulps, FU MANCHU de Sax ROMER ou THE SHADOW de Walter GIBSON. Si vous êtes à la recherche de sociétés secrètes, de secrets innommables enfouis, de créatures surnaturelles, des bas-fonds sordides alors LES HERITIERS de Fabien CLAVEL a toute les chances de vous satisfaire.



Un bon gros livre qui va vous mener d’un Paris  steampunk de fantazy jusqu’au désert du Sahara dans les ruines de Pyllople, en passant par Budapest et même la mythique Avalon…

Ajoutez-y une galerie de personnages de « bestiaire » fantastique dont l’impulsif et vaniteux Raphaël Acante ; il fait tomber en pamoison la propre femme et la fille de M. de Vrocourt.  Son charme ravageur va le mener au petit matin dans la forêt de Vincennes pour un duel inégal.  Le mari bafoué perd la vie mais sa balle a toutefois atteint notre orgueilleux qui se traîne vers les bois où il va avoir la révélation de sa véritable nature, celle dont il ignorait tout, cachée par son oncle, il est un Sylve ! Tout en ignorant que M. de Vrocourt était un érudit qui travaillait sur un manuscrit au parfum de soufre.

Pendant ce temps, dans les arcanes politiques de la Nation se trament les pires complots pour abattre une partie des Faux-Semblants. Une guerre de pouvoirs qui va entraîner à l’issue de son plein gré notre Raphaël. Avec son lot de morts mystérieuses, de souterrains suintants, de traîtres en tout genre, des tueurs impitoyables mais aussi des vampires, des djinns. On y retrouve même un commissaire familier des lecteurs de Fabien CLAVEL, le commissaire Ragon.

Une rencontre fortuite, celle du vampyr timide Béla (en hommage à Bela Lugosi, un des premiers interprètes au cinéma de Dracula ?) mais aussi la sulfureuse Una, va mener cette troupe à bord d’une voiture de course du début du XXème siècle dans une épopée pétaradante à l’allure folle de 30 km/heure vers l’Europe de l’Est et puis le désert !

"... Comme toujours quand il ne se sentait pas bien, le vampyr commença à voir les choses en noir. Il imaginait déjà le train déraillant, des accidents, des gerbes de flammes, comme dans La Bête Humaine de Zola. Ce roman l'avait errifié, non pas en raison de son tueur irrépressible, mais à cause de l'accident de train..." Extrait

Je le clame haut et fort, LES HERITIERS est un roman jouissif, sans prétention, avec un humour sous-jacent de bon aloi. 

"... Son regard tomba sur la tour commise par Monsieur Eiffel.

- Quelle horreur ! marmonna-t-il dans sa courte barbe blanche..." Extrait

Un rythme adapté à son époque ! Où la figure tutélaire de Merlin flotte au-dessus de l’avenir d’Avalon.

Lisez ce roman qui n’a d’autre prétention que de faire passer un bon moment de lecture. Avec un auteur qui s’y entend pour brouiller parfois les intrigues comme un bon feuilletoniste qui se respecte. Tout en gardant un respect des codes du genre.



Si toi, lecteur et amateur de jeu de rôle, de cet univers empreint de féérie, tu te rappelleras sans doute celui un jeu qui porte le même nom que notre roman !



Il n’empêche, j’ai vraiment passé quelques bonnes soirées au coin du feu, à me transporter par l’imagination dans les pas de Raphaël.   Sans oublier qu'il est relié à un très récent ouvrage toujours chez le même éditeur, LES FEUILLETS DE CUIVRE.




mardi 31 août 2021

LES CHRONIQUES D'ARRAKIS, LE RETOUR.....

 




                         Après une période d'été calme, pour moi, mais entouré de livres de littérature de l'Imaginaire mais aussi d'autres romans, il est temps pour LES CHRONIQUES D'ARRAKIS de reprendre le chemin de ce blog.

                            A commencer, prochainement, par ma chronique autour du roman de Guillaume CHAMANADJIAN édité par les FORGES DE VULCAIN qui vient d'être couronné du "prestigieux" prix de l'Imaginaire de la Ville du Mans par un jury auquel j'appartiens. Une lecture indispensable pour cette rentrée !


                Et n'oublions pas la sortie de DUNE, le film tant attendu de Denis VILLENEUVE le 15 septembre prochain !






mercredi 11 août 2021

LAISSEZ VOUS ENVOUTER PAR LES VOLTIGEURS DE GY, FOI DE CHRONIQUES D'ARRAKIS

 


LES VOLTIGEURS DE GY – 2021 (Recueil de nouvelles)

Autrice : URSULA LE GUIN

Editeur : ACTUSF - collection HELIOS

Couverture : ZARIEL

Mars 2021

181 pages, 7, 90 €

 

Résumé de l’éditeur : « Dans les riches univers d'Ursula Le Guin, mille peuples habitent mille planètes, développant mille cultures. 

Sur la planète Gy, on n'accepte que ceux qui sont incapables de s'envoler dans les cieux. 

Chez les Obls, on se réinvente le langage avec de simples pierres et la révolte.

Et sur la base Sates, on a beau avoir échappé à une Terre détruite par la pollution, on garde la nostalgie du berceau originel... »

 

En 7 nouvelles, Ursula K. LE GUIN brosse un tableau troublant de 7 sociétés plausibles du futur.

Non pas à grand renfort de technologie mais avec de remarquables descriptions ethnographiques et anthropologiques poétiques.

Avec humour parfois comme « Première rencontre avec les Gorgonides ».

Ou d’une plausible catastrophe écologique de notre planète, où flotte une épidémie décimant la population. Extrait de la nouvelle

« Le Sommeil de Newton » - 1991 - traduction de Anne-Judith Descombey : 
« … Il y a cent ans que toute personne désireuse d’avoir une vision rationnelle du monde peut constater ce qui arrive : épuisement des ressources, explosion démographique, faillites des gouvernements… ».

7 bijoux d’écriture ciselée à l’imagination foisonnante, sans effet spectaculaire habituel. 7 périodes d’écriture depuis 1983 à 2001. Le tout accompagné d’un entretien instructif avec David Meulemans (Oui ! l’actuel responsable des éditions « Les Forges de Vulcain »), un spécialiste de LE GUIN, par Jérôme Vincent.

Le tout forme une petite merveille d’ouvrage à la pâte graphique de Zariel en couverture pour évoquer ces créatures volantes et emplumées de Gy. 






Précipitez-vous sur les autres titres disponibles chez le même éditeur, avec ce prochain fort volume consacré à « Ursula K. Le Guin une autrice majeure du monde de la science fiction et de la fantasy. Elle a laissé des chefs d'œuvres comme La Main Gauche de la Nuit, Les Dépossédés ou Le Nom du monde est Forêt. Elle a aussi laissé son empreinte sur les littératures de l'imaginaire et au-delà en explorant des thématiques ethnologiques, féministes, politiques, anarchistes, psychologiques ou sociétaux. »



« De l'autre côté des mots cherche à lui rendre hommage, dans une monographie qui explore son œuvre à travers des articles, des interviews et des essais, afin de découvrir qui elle était et de décrypter son influence qui perdure de nos jours. L'ouvrage est mené d'une main de maître par David Meulemans, dirigeant sous sa houlette de nombreux auteurs : "Elisabeth Vonarburg, Thomas Spok, Marc Atallah, Aurélie Thiria-Meulemans, Carole Fillière, Olivier Cislevski, Alice Caradebian, Gwennaël Gaffric, Gheorghe Sàsàrman, Florence Klein, Francis Guevremont, Vivien Féasson, Xavier Dollo, Franck Thomas, Adrien Pauchet, Jeanne- Dans Débats, Stéphanie Nicot, Vincent Bontems, Bernard Heinniger, Olivier Paquet, Claude Ecken, Xavier Mauméjean, David Creuze, Pierre-Paul Duranstanti, Caroline-Isabelle Caron, Vert Clara, Ketty Steward, Luvan, Gérard Klein."   


mardi 29 juin 2021

POLARIS POINT NEMO, OU LA GUERRE DES ABYSSES RECOMMANDÉ PAR LES CHRONIQUES D'ARRAKIS



Résumé :

Six cents ans après la chute de l’Empire des Généticiens, terrassé par le rêve éphémère de l’Alliance Azure, des nations moribondes se disputent les ressources du dernier refuge de l’humanité : l’océan. Dans les ténèbres des profondeurs s’étendent des cités fantastiques issues de sciences défiant l’imagination, mais aussi des amas de structures et de modules vieillissants dans lesquels les populations tentent de survivre à un univers qui leur est totalement hostile. Perdue en plein milieu du pôle maritime d’inaccessibilité du Gyre du Pacifique Sud, la Station Internationale Nemo est une oasis de lumière dans les abysses insondables de l’océan que l’Organisation des États Sous-Marins a décidé de démanteler. Mais ce qui devait être une mission de routine s’avère beaucoup plus périlleux que prévu. Entre les installations délabrées qui menacent de s’effondrer à tout moment sous l’effet de la pression, le manque de ressources vitales et l’absence de plus en plus inquiétante de tout navire de ravitaillement, l’équipe envoyée sur place se retrouve contrainte de lutter pour survivre… sans se douter que, dans l’obscurité des abîmes, se tapissent bien d’autres dangers.


                    Vous avez peut-être joué au jeu de rôle du même nom, sinon vu le film de James CAMERON du même nom, éventuellement PESQUET dans sa préparation et ses sorties dans l'espace ; vous avez vu ces scaphandres où l'humain est engoncé ; alors ce roman est fait pour vous ! Comment vivre au fond de l'Océan, là est la question ! C'est un roman à l'écriture nerveuse, un thriller étouffant et humide, très humide,  là où personne ne vous entendra hurler ! Amateur de plongée estivale, méfiez vous ; le danger rode… Bonne lecture estivale !



lundi 28 juin 2021

"LE PRIEURE DE L'ORANGER" : LES CHRONIQUES D'ARRAKIS VOUS CONSEILLENT CETTE LECTURE ESTIVALE !

 




Le prieuré de l'oranger


3Un monde divisé. Un reinaume sans héritière. Un ancien ennemi s’éveille.
La maison Berethnet règne sur l’Inys depuis plus de mille ans. La reine Sabran IX doit impérativement donner naissance à une héritière, mais des assassins essaient de l’en empêcher. Quoique la monarque l’ignore, elle peut compter sur l’aide d’Ead Duryan, une jeune magicienne qui la protège en secret. De l’autre côté de l’Abysse, Tané s’est entraînée toute sa vie pour devenir dragonnière, mais le destin a d’autres plans pour elle. Et pendant que l’Est et l’Ouest se divisent un peu plus chaque jour, les forces du chaos s’éveillent d’un long sommeil…3

  • Traduction (Anglais) : Jean-Baptiste Bernet, Benjamin Kuntzer

Des heures de lectures vous attendent avec ces deux forts volumes. Le roman fait parti de ma liste d'ouvrages à emporter dans ma valise pour ces vacances. Déjà une centaine de pages avalées et je suis conquis. Mais faisons confiance au site LE BIBLIOCOSME qui soulignait la qualité de l'ouvrage ! 
"Édité par une petite maison d'édition, « Le prieuré de l'oranger » (ici dans sa version de chez J'AI LU) est un impressionnant pavé de près de 1000 pages, écrit par une autrice encore jamais traduite en France : autant dire que les meilleures conditions pour en faire un succès étaient loin d'être réunies. Et pourtant, le roman a fait l'objet d'un sacré bouche-à-oreille qui lui aura permis de se tailler une excellente réputation chez les libraires aussi bien que les blogueurs...  Un succès mérité, tant l'ouvrage séduit à la fois sur le fonds et la forme...." 

 


 Un tour de force épique et magistral.

Un monument de la fantasy et de la littérature

Extrait

"Ils nous élèvent pour que nous soyons doux comme la soie et nous distraient avec du luxe et des richesses sans bornes, pour qu'il ne nous vienne pas à l'idée de secouer la barque sur laquelle nous nous trouvons ... Ils s'attendent à ce que nous soyons tellement las de notre propre pouvoir que nous préférions les laisser diriger à notre place ... Derrière chaque trône, il y a un serviteur masqué qui n'espère qu'une chose : faire de celui qui est assis dessus sa marionnette."



vendredi 18 juin 2021

LA FILLE AUX MAINS MAGIQUES A BOULEVERSE LES CHRONIQUES D'ARRAKIS

 


LA FILLE AUX MAINS MAGIQUES – 2017

Autrice: Nnedi OKORAFOR

Traductrice : Cécile DUQUENNE

Editeur : ACTUSF Collection GRAPHIC (Jean-Laurent DEL SOCCORO)

Illustrations de couverture et intérieures : ZARIEL (Merci Benjamin CHAIGNON pour l'envoi des dessins illustrant ma chronique)

L'artiste


Avril 2021

128 pages – 19 €

« Avez-vous déjà contemplé une peinture ou une sculpture qui vous tire un sourire ? Qui vous fasse pleurer ? Ou trembler de peur ? Qui vous incite à vous demander si l’artiste n’a pas trop bu de bière ?

Incroyable, comme un simple regard sur une œuvre d’art peut nous faire ressentir des choses si puissantes. Comme si l’artiste avait jeté un sort sur le bout de toile ou sur la sculpture de bois. Et s’il vous dessinait dessus ? Le sortilège fonctionnerait-il encore ? La jeune fille que l’on appelle Chidera serait sûrement de cet avis… » Début du roman LA FILLE AUX MAINS MAGIQUES


Résumé :

« Chidera est une enfant malheureuse, mal aimée par ses parents. Elle rencontre un jour des esprits dans la forêt, qui vont tracer un tatouage sur sa main, et lui transmettre leur art Uli. Désormais, la magie des dessins de Chidera va, elle, métamorphoser la tristesse en joie.

Un récit plein de tendresse et de bienveillance par l’autrice de Binti, Nnedi Okorafor, superbement mis en images par Benjamin "Zariel" Chaignon. »

 

Nnedi OKORAFOR

L’art du conte est tombé en désuétude. Réservé à une littérature Jeunesse, bien souvent.

 

Chidera

Avec LA FILLE AUX MAINS MAGIQUES, Nnedi OKORAFOR en utilise les ressorts pour parler du pays de ses origines, le Nigéria, de sa société !

L’histoire est introduite par un témoin oculaire des événements qui vont bouleverser la vie de la jeune et triste Chidera.



Parce qu’elle a renversé le pichet d’eau destiné à son père, un homme irascible et aigri, Chidera décide de retourner au point d’eau éloigné du village, quitte à manquer l’école.



Traversant la forêt, elle fait la rencontre de 3 esprits qui vont lui dévoiler un don enfoui au plus profond d’elle-même, tatouant sur sa main un graphisme magique, un Uli.

Un don qui va lui ouvrir des perspectives de bonheur auprès de ses parents, de ses amis, des membres de sa tribu et de sa vie de jeune femme à venir !



Un enchaînement de bouleversements qui illustre un proverbe nigérian : « Le battement d’ailes d’un papillon peut changer le temps à des centaines de kilomètres. »

Nnedi OKORAFOR, en mots simples, décrit les transformations artistiques de Chidera. Une langue magnifique pour parler des traditions, de la magie en toute chose, de la vie quotidienne des femmes et des jeunes filles surtout. Des difficultés à s’émanciper entièrement.

L'art du Uli sur le corps des femmes 


LA FILLE AUX MAINS MAGIQUES est un bonheur de lecture ; destiné à un lectorat large, des jeunes aux adultes. Chacun y trouvera un message d’espoir dans l’engagement artistique que chacun d’entre nous possède.



On y trouve toute la sagesse et le respect dus aux anciens, eux si immobiles et presque invisibles dans leur vieillesse, mais clairvoyant dans leur jugement, chaleureux pour tous.

Ce livre est un cadeau à offrir, à partager…

La trame de l’histoire est magnifiée par les dessins de ZARIEL ; en traits puissants et noirs, il révèle des formes issues des ombres de la forêt, les délimite sur les pages blanches du livre. Sans oublier ses dessins colorés et coloriés en toute fin d’ouvrage. Les fans de Jose MUÑOS apprécieront, mais j’ai pensé aussi à  Didier COMES sur l’album LA BELETTE, par exemple…

Albert CAMUS par Jose MUÑOS 

Dessin de couverture de Jose MUÑOS - Album VIET BLUES chez Casterman 


LA BELETTE de Didier COMES-Casterman éditeur

Extrait de l'album LA BELETTE


Je vous recommande ces autres ouvrages disponibles aujourd'hui chez ACTUSF !





lundi 31 mai 2021

CANTIQUE POUR LES ETOILES, UN PREMIER ROMAN A LIRE ABSOLUMENT !

 

Illustration de couverture de Paul LYCETT 



CANTIQUE POUR LES ETOILES (THE VANISHED BIRDS) – 2020

Auteur : Simon JIMENEZ

Traducteur : Benoît DOMIS

Editeur : J’AI LU collection NOUVEAUX MILLENAIRES-Grand format

Sortie le 2 Juin 2021

480 pages, 22 €

Simon JIMENEZ


"TQ: Décrivez "les oiseaux disparus" en utilisant seulement 5 mots.

 Simon JIMENEZ : "Temps perdu et amour retrouvé."

Résumé : «L’humanité a quitté la Terre, devenue inhabitable, voilà mille ans. Elle vit aujourd’hui dans d’immenses stations spatiales, conçues et gérées par des multinationales, et se déplace entre les étoiles par la Poche, une contraction de l’espace et du temps. Quelques semaines dans la Poche se traduisent par des années, voire des décennies en temps réel, condamnant ceux qui y transitent à une vie de solitude. C’est le cas de Nia Imani, capitaine d’un cargo assurant la liaison entre Umbai-V et la station Pélican. Il emprunte la Poche, un raccourci temporel. Un jour, une capsule d’origine inconnue s’écrase à la surface d’Umbai-V. À son bord, un enfant, indemne mais muet, que Nia accepte de ramener aux autorités compétentes. Au fil de leur voyage, et malgré le silence, un lien très fort se tisse entre la femme et le garçon. Pourtant, le mystère demeure : qui est-il ? D’où vient-il ? Ne risque-t-elle pas de commettre une terrible erreur en le livrant à ses employeurs ? »

 


En « Terre inconnue »

Lorsque l’on est familier d’un ou plusieurs auteurs d’Imaginaire, le lecteur s’attache à retrouver la même construction du roman, de la novella ! L’arrivée dans cette catégorie, d’un nouvel écrivain, demande un temps d’adaptation. « Trouver ses marques » dans le texte. Mais avec Simon JIMENEZ vous risquez d’être bousculé, désorienté même, par la façon dont il a élaboré les différents chapitres de « CANTIQUE POUR LES ETOILES ».

Début du 1er chapitre  :

"Il était né avec un onzième doigt. Une nodosité à coté de son auriculaire droit. Le docteur s'empressa  de rassurer les parents inquiets. La petite bosse était bénigne . "Toutefois, ajouta-t-il en délaçant une pochette en tissu, un fermier n'a  besoin que de dix doigts pour cultiver la dhuba"... 

Ainsi le premier chapitre, long, est empreint de lyrisme, presque bucolique, pour décrire la tribu de Kaeda, de la planète Umbai-V. Une structure agraire simple avec une douceur de vivre certaine. Les chants résonnent souvent surtout au retour des champs. Entre chasse et culture du dhuba. Une récolte emmenée vers la station Pélican, tous les… 15 ans. L’arrivée du vaisseau majestueux comme un oiseau est l’occasion d’une fête d’une nuit avec l’équipage à la tête duquel règne Nia Imani. Une personne solitaire, qui semble ne jamais vieillir. Elle rencontre Kaeda enfant, adulte, vieillissant. Une tendre relation éphémère à chaque Expédition. Avec un cadeau la première fois, une flûte.

Mais un jour, le bruit d’un choc énorme. Dans l’excavation un enfant est trouvé, quasi nu, muet. Recueilli, il est pris en charge par Kaeda au sein de la tribu. En définitive, il sera confié à Nia, pour le ramener vers Pélican.

« J’ai composé le premier chapitre du livre presque comme une courte fiction. » Simon JIMENEZ

 Le deuxième chapitre rejoint le space opéra. Il décrit les tentatives de communication entre elle et l’enfant mutique. Ses relations avec les différents membres d’équipage. Et la musique de la flûte, entêtante ! Sans oublier les tentatives de mettre en forme des haïkus

La Flûte d'Ara

Bon marché, joue faux

Mais joue toujours.

Le troisième chapitre est un formidable bond dans le temps. Vers les origines de la grande catastrophe sur la Terre. Il s’articule autour du personnage de Fumiko Nakajima. Celle qui va imaginer et élaborer les immenses structures des stations spatiales qui vont emmener une infime partie des populations terrestres. Des stations créées avec des structures proches de l’anatomie des oiseaux. Dont le fameux Pélican. Il y a surtout sa rencontre sentimentale avec Dana. Délaissée au profit de son travail pour une immense multinationale. Mais qu’elle ne peut oublier. Toutefois Fumiko a vue l’impensable, l’inimaginable. Et pour attendre un nouveau signe de ce phénomène, elle est régulièrement cryogénisée. Ce garçon pourrait-il être celui qu’elle attend depuis un bon millénaire ?

Entre les trois protagonistes vont se créer des liens qui s’entrecroisent tout au long du roman. Entre bonheur, amour, solitude, complotisme et folie !

Simon JIMENEZ définit ainsi cette histoire : « Les histoires dont je suis tombé amoureux concernaient toujours des personnages perdus, mais qui trouvaient l'amour et la sécurité dans les bras de personnes qui étaient au début des inconnus mais qui sont ensuite devenues beaucoup plus proches, car ils avaient une influence active sur l'amour qu'ils partageaient.          

« The Vanished Birds » est façonné comme une série de récits individuels qui se fondent en un tout satisfaisant. Au cœur de tout cela se trouve Nia Imani, une femme qui existe en dehors du temps en raison de voyages fréquents dans l'espace « pliant ».

Moi, lecteur je me suis laissé entraîner dans ces relations de plus en plus complexes autour du pouvoir, de la manipulation ! Chacun cherche un sens à sa vie à travers des sacrifices, des dissimulations. Et j’allais oublier, l’importance de la musique dans l’intrigue…

De Simon JIMENEZ, j’attends maintenant de nouveaux textes pour essayer de mieux appréhender ses sensibilités, ses conceptions littéraires.

« CANTIQUE POUR LES ETOILES » mérite une lecture attentive et bienveillante car l’imagination déployée tout au long du roman, quoique déroutante, devrait fasciner et faire entrer cet ouvrage dans votre bibliothèque, à la place « Incontournable ».