lundi 28 février 2022

UNE ODYSSÉE BOULEVERSANTE VIENT DE SORTIR CHEZ J'AI LU !

 


DANS LA MER IL Y A DES CROCODILES – (2010)

Auteur : Fabio GEDA


Traduction : Samuel SFEZ

Editeur : 2011 aux éditions Liana LEVI

Editeur en poche : J’AI LU

Sortie : 2022

Prix : 7.10 €

217  pages

 

Enaiat en compagnie de Fabio Geda


Résumé 4ème de couverture :

« L’histoire vraie d’Enaiatollah Akbari

Enaiat ne connaît pas son âge, mais à dix ou onze ans, il sait déjà qu’il est condamné à mort. Car il est né hazara, une ethnie afghane haïe autant par les Pachtounes que par les talibans. Pour le protéger, sa mère l’abandonne de l’autre côté de la frontière, au Pakistan. Commence alors pour ce bonhomme « pas plus haut qu’une chèvre » un périple de cinq ans pour rejoindre l’Italie en passant par l’Iran, la Turquie et la Grèce. Dans ce récit vibrant d’espoir, il nous raconte son quotidien, où la débrouille le dispute à la peur, l’entraide à la brutalité. Comme tous ceux qui témoignent de l’insoutenable, c’est sans amertume, avec une tranquille objectivité et pas mal d’ironie qu’il retrace les étapes de ce voyage insensé.

 

Fabio Geda est un romancier italien.

Éducateur, collaborateur de La Stampa, il a publié deux romans avant d’entendre Enaiatollah Akbari raconter son histoire il y a quelques années au Centre interculturel de Turin. Bouleversé par son récit, séduit par son authenticité, il prend le soir même la décision de bâtir un livre à quatre mains. Depuis sa sortie en 2010, "Dans la mer, il y a des crocodiles" s’est vendu à près de 400 000 exemplaires en Italie et a été traduit en 30 langues.»

 


« Chroniques presque ordinaires » de ces populations persécutées qui prennent la route vers un avenir qu’elles espèrent meilleurs.

Une histoire qui a commencé au détour des années 2 000 ; Enaiat a quitté l’Afghanistan et les exactions des Talibans contre son ethnie.

Extrait : « …vingt, peut être trente talibans armés sont descendus de la jeep. Le même type que les jours précédents est entré dans la classe. Il a dit au maître Tu n’as pas écouté. Maintenant c’est nous qui allons t’apprendre quelque chose…  Les Talibans ont fait sortir tout le monde, enfants comme adultes… Ils nous ont ordonné de nous mettre en cercle dans la cour… Puis au centre du cercle, ils ont fait venir le maître et le directeur… Ba imidi didar les enfants a-t-il dit. Au revoir. Ils l’ont abattu. Devant tout le monde. Depuis ce jour, l’école est fermée. Sans école, la vie ressemble à de la cendre… »

Il est loin de s’imaginer que son périple vers l’Italie va durer plus de 8 ans. Parti enfant ; il arrivera adulte ! Transformé par les différents pays traversés ; ainsi que son esprit de débrouille, exploité mais gardant la fierté de ses origines. « … Même s’ils avaient peur, parce que la peur est attirante quand on ne sait pas la reconnaître… ».


Raconté par Fabio Geda à partir d’entretiens avec le jeune homme qui lui conte avec ironie, humour mais aussi une certaine naïveté, les rencontres, parfois dramatiques, parfois émouvantes avec ces autres mômes qui marchent vers l’Ouest. Ceux qui réussissent, ceux qui échouent…

Le lecteur appréhendera mieux les étapes de ce périple improbable ; appréciera la reconnaissance envers celles et ceux qui vont l’aider à franchir les obstacles. Beaucoup d’émotion au détour de chaque page. Mais aussi des vérités transmises concernant ceux qui exploitent, ceux qui profitent, ceux qui haïssent, ceux qui trahissent même leur foi.

Extrait : « … Beaucoup de gens pensent que les Talibans sont afghans mais ce n’est pas vrai. Bien sûr il y a aussi des Afghans parmi eux, mais pas seulement. Ce sont des ignorants du monde entier qui empêchent les enfants d’apprendre ; ils ont peur que nous comprenions qu’ils n’agissent pas pour Dieu mais pour leur propre compte… ».

Un document qui ne devrait pas laisser insensible le lecteur sur une vérité parfois crue de ce qui fut, et perdure encore aujourd’hui, sous une autre forme, plus insidieuse, plus secrète. Où les notions de liberté, d’égalité et fraternité sont encore trop souvent ignorées. A lire absolument. Pour savoir s'il y a vraiment des "crocodiles" dans la mer !

D’ici quelques mois, on devrait pouvoir lire la suite de la vie de Enaiat… Chez Slatkine & Cie ! « L’HISTOIRE D’UN FILS ».


Lisez aussi cet autre beau roman de Fabio Geda

"Un petit village de montagne du Piémont à l'aube du dernier été du 20ème siècle. Un grand-père et son petit-fils font connaissance après avoir été tenus à l'écart l'un de l'autre par des années de malentendus familiaux. C'est l'histoire d'une rencontre qui va bouleverser ce qui devait être pour l'un le tout dernier été... et sera pour l'autre un été qu'il n'oubliera jamais. Geda raconte avec grâce et sensibilité l'été du vieux Simone, héros de l'ombre, marqué à vie par la Seconde Guerre mondiale, et du jeune Zeno, passionné de bande dessinée, rêveur et aventureux.
Les voix des deux générations sont habilement entremêlées dans un jeu de points de vue qui vient dévoiler les mystères du passé et libérer chacun du poids de la mémoire. Les personnages attachants et plus vrais que nature font de ce livre un très beau roman."

 


lundi 21 février 2022

THIERRY MARX, LE COMBATTANT !

 

Photo de couverture Mathilde de l'Ecotais

CELUI QUI NE COMBAT PAS A DEJA PERDU – (Flammarion 2020)

Auteur : Thierry MARX


Editeur en poche : J’AI LU

Sortie : Janvier 2022

Prix : 7€40

223 pages

 

 « Dépasse-toi et si c’est douloureux, c’est parce que tu es vivant. » Sitting Bull

A travers ses souvenirs d’enfance, de Paris à la banlieue parisienne ; Thierry MARX décrit son parcours personnel qui passera par les immeubles des cités des oubliés jusqu’à la découverte de la France des Compagnons du Devoir, de la fraternité, de l’entraide, du travail bien fait ! Les exigences du sport, du judo en particulier. Mais aussi l’âme d’un globe-trotteur, fasciné par les cultures d’ailleurs.

4ème couverture : "Thierry Marx est une figure qui détonne dans le paysage gastronomique français : par son parcours, sa personnalité, mais aussi par son investissement dans de nombreuses causes. À ceux qui disent qu’il s’éparpille, il répond que tout est lié.

Dans cet ouvrage, il revient sur son itinéraire romanesque jusqu’à l’excellence en cuisine : de cette histoire découlent tous ses engagements et ses combats quotidiens, car rien n’est jamais perdu pour celui qui a un projet.

" Chef du Mandarin Oriental à Paris, Thierry Marx est l’un des chefs français les plus reconnus à travers le monde. Ses restaurants sont titulaires de plusieurs étoiles Michelin. Il est l’auteur de plusieurs livres dont Celui qui ne combat pas a déjà perdu paru chez Flammarion en 2020."

Si aujourd’hui son nom est connu du grand public, c’est en tant que chef cuisinier. A travers ses rencontres, le lecteur comprendra ce qu’est une cuisine de chef, l’influence de ces noms emblématiques : Loiseau, Deligne, Chapel ou Robuchon.

Ce passionné n’oublie ses « années galère ». Il sait ainsi tendre la main à ceux, jeunes ou moins jeunes qui sont en marge, les accidentés de la vie. Il leur donne la force de se relever, d’avoir une raison de se lever le matin.

On découvre son combat pour l’écologie, le respect d’une agriculture responsable au fil des saisons. Et sa fascination pour le Japon. Je me souviens de ses remarques pour nous éclairer sur les fondements de la culture japonaise au moment de la cérémonie d’ouverture des J.O. de Tokyo en 2021.

Un livre qui délivre au fil des pages une philosophie de la vie qui est faite de respect et de rigueur. La valeur du travail. La réussite est à ce prix ! Le titre du livre est sans doute emprunté à Bertold BRECHT



En chapitres courts, il met les mots justes sur des notions peu ou prou oubliés d'engagements, personnels, politiques, professionnels, avec sincérité et clairvoyance… Ce sont aussi des messages d’espoir : « Ne nous laissons pas amoindrir, rabougrir ou éteindre par l’hypnose de la Covid. La vie a un bel avenir. »   


jeudi 10 février 2022

PHILIP K. DICK EN REEDITION CHEZ J'AI LU

 






                Ils arrivent chez votre libraire le 16 février 2022 ; les 7 premiers romans en réédition chez "J'AI LU"  pour le 40ème anniversaire de la disparition de Philip K. DICK, le "philosophe-romanceur" ! 

                  Précipitez vous sur UBIK dans une nouvelle traduction de Hélène COLLON ! Indispensable ! "La florissante agence anti-psi Runciter & Associés protège ses clients contre toute intrusion psychique. Mais lors d’une mission sur Luna, ses meilleurs éléments sont victimes d’un attentat à la bombe orchestré par une agence rivale. Glen Runciter est aussitôt placé en semi-vie. Rapidement, Joe Chip et les autres survivants sont témoins de phénomènes étranges : le visage de leur patron apparaît sur les billets de banque, les cigarettes n’ont plus aucun goût, la technologie semble régresser. Et un produit nommé Ubik, qui possède de curieuses propriétés, surgit aux moments les plus opportuns..."

  • Postface : Laurent Queyssi








                            Ecoutez également les Podcast de France Culture. Ils éclairent, avec justesse, l'univers et la biographie de cet écrivain devenu un grand auteur américain !

https://www.franceculture.fr/emissions/series/regards-sur-philip-k-dick

https://www.franceculture.fr/emissions/la-grande-table-culture/philip-k-dick-les-mots-visionnaires

https://www.franceculture.fr/emissions/la-nuit-revee-de/nuit-speciale-philip-k-dick








jeudi 3 février 2022

QUI SONT VRAIMENT "LES SIMULACRES MARTIENS" DE ERIC BROWN ?

 


SIMULACRES MARTIENS – (The Martians simulacra) - 2018

Auteur : Eric BROWN


Traduction : Michel PAGEL

Couverture : Aurélien POLICE

Editeur : LE BELIAL – Collection Une Heure Lumière

Sortie : 2021

Prix : 9.90 €

130  pages

 

 

Résumé 4ème de couverture :

« Londres, 1907. Dix ans après la reddition terrienne.
Alors que l’humanité vit sous la férule de ses conquérants, Gruvlax-Xenxa-Schmee, vice-ambassadeur de Mars en Grande-Bretagne, vient frapper à la porte du 221b, Baker Street. Il faut dire que l’affaire est d’importance, et quand les maîtres de la Terre vous réclament, se dérober n’est pas une option. Ainsi le docteur Watson et le plus célèbre des enquêteurs humains, Sherlock Holmes, se trouvent-ils propulsés au sein d’une enquête épineuse, dans les méandres désertiques de la Planète Rouge, avec pour compagnon nul autre que l’impétueux professeur Challenger. Leur mission ? Résoudre une énigme improbable et assurer la paix entre les mondes. À moins qu’un terrifiant secret ne se dissimule derrière les intentions prétendument louables des nouveaux seigneurs de la Terre. Car après tout, sur Mars, les apparences peuvent s’avérer trompeuses…

« Un voyage aventureux, truculent et rocambolesque. »
Locus

Né en 1960 à Haworth, dans le Yorkshire, Eric Brown appartient à cette vague de jeunes talents révélés dans les pages du magazine britannique Interzone au tournant des années 90 — à l’image de Stephen Baxter, Alastair Reynolds ou encore Greg Egan. S’il a publié une vingtaine de romans et près de cent trente nouvelles, seuls deux de ses recueils ont été traduits en France, dont, en 2018, le fix-up Les Ferrailleurs du cosmos, hommage à la SF de l’âge d’or aux éditions du Bélial’.
Eric Brown paye ici son écot aux pères fondateurs du domaine dans un récit jubilatoire haut en couleur, orchestrant la détonante rencontre littéraire du Conan Doyle de Sherlock Holmes et du H.G. Wells de La Guerre des mondes.»

 

Sherlock Holmes a déjà rencontré les envahisseurs martiens, les maîtres de Londres, avec leurs sentinelles emblématiques : les tripodes. Enfin ceux de la seconde vague d’invasion ; qui ont profité des échecs de la précédente. En trouvant le vaccin contre les microbes terriens. Des envahisseurs plus polissés. Mais non moins dangereux !

Tout cela est conté, notamment, dans une histoire parue dans le dernier numéro de la revue « BIFROST » (toujours au Bélial-numéro 105) sous le titre « La Tragique Affaire de l’ambassadeur martien ».

 


Cette mission va emmener le maître de la déduction vers Mars, en compagnie de Watson (le narrateur) et du professeur Challenger, le protagoniste principal d’un autre texte de Conan Doyle  « Le Monde Perdu ».

Là ils découvrent les paysages, les habitants, leurs mœurs politiques de la société de la planète rouge (éloigné de celles décrites par E.R. Burroughs ou de Leigh Brackett ).

Précipitez vous sur cette toute nouvelle édition parue au Bélial


Illustration de F. Frazetta


Pourtant, les certitudes sur les véritables raisons de ce « voyage » vont voler en éclat et mener nos héros vers une vérité toute autre, sur de faux-semblants plus vrais que nature… Qui engage l’avenir de notre planère.

Raconté à la façon des textes de Conan Doyle, cette novella n’est nullement une parodie. Plutôt un hommage réussi à deux auteurs populaires de la littérature britannique du début du XXème siècle, deux univers des littératures de l’Imaginaire : A. Conan Doyle et H.G. Welles. Cela permet à Eric Brown de trousser une captivante aventure, racontée en décalé, avec un humour « so british ».



Extrait : « … Comme je contemplai la tête hideuse de l’extraterrestre, son vilain bec s’ouvrit au point que je vis l’intérieur de sa bouche – et ce que j’y observai me fit tout d’abord m’étouffer puis éclater de rire… ».

La lecture de cette novella va vous faire passer un très agréable moment, comme si vous étiez installé dans un de ses salons londoniens confortable, pour gentlemen, un verre de Brandy et un bon cigare.

J'attire votre attention sur Michel PAGEL, excellent  traducteur de ce texte. Lui aussi, excelle dans le roman...

Sortie récentes (2020)  en deux tomes, de certains romans de Michel PAGEL,
aux Moutons Electriques

Ces « envahisseurs » improbables, m’ont fait penser à un autre auteur nommé Brown, un certain Fredric Brown avec son roman intitulé « Martien Go Home » et sa couverture dessinée par Frank Kelly Frears ! Dans une veine chère à Fredric, l'humour décapant ! 

4ème de couverture : " Enfermé dans une cabane en plein désert, Luke Devereaux, auteur de science-fiction en mal d'invention, invoque désespérément sa muse – de toute évidence retenue ailleurs – quand soudain... on frappe à la porte. Et un petit homme vert, goguenard, apostrophe Luke d'un désinvolte « Salut Toto  !  ».

     Un milliard de Martiens, hâbleurs, exaspérants, mal embouchés, d'une familiarité répugnante, révélant tous les secrets, clamant partout la vérité, viennent d'envahir la Terre. Mais comment s'en débarrasser  ?

Là aussi je vous recommande chaleureusement….



 

 

 


lundi 31 janvier 2022

UNDERDOG SAMOURAI, LA "TRASHEDIE" DE ROMAIN TERNAUX

 


UNDERDOG SAMOURAI – (2022)

Auteur : Romain TERNAUX : "

Biographie

Romain Ternaux est né en 1987. Il s’est enfermé plusieurs années chez lui pour écrire des romans. L’histoire du loser devenu gourou est le deuxième roman qu’il publie. Une quinzaine d’autres devrait suivre, si tout se passe bien. Ah non, correction, quatorze romans devraient suivre car, en octobre 2017, Romain Ternaux a publié Spartacus, une biographie romancée, trash et faussement innocente de l’esclave révolté qui fit trembler Rome.

L’esthétique de Romain Ternaux peut être rattachée au courant Bizarro Fiction (article encyclopédique en anglais, ici) : un genre romanesque qui emprunte à l’absurde, à la satire au grotesque, qui lorgne vers la littérature spéculative (cette branche de la littérature générale qui flirte avec les littératures de genre), qui fait remonter son origine aux Tristes d’Ovide, et qui a pour maîtres Calvino, Burroughs et Gogol.


Editeur : AUX FORGES DE VULCAIN

Sortie : Janvier 2022

Illustration de couverture : Elena VIEILLARD

Prix : 15 €

287 pages

 

Cher Monsieur TERNAUX, (je me permets cette familiarité)

Je viens de terminer l’ouvrage dans lequel vous relatez, avec brio hélas, les très nombreuses péripéties de vos dernières aventures. Tout d’abord, j’ai envie de vous dire « Mais qu’êtes-vous donc allé faire dans ces galères » ou « Vous aimez tomber de Charybde en Scylla ? ».

Comment en si peu de temps, êtes-vous arrivé à vous mettre dans autant de situations périlleuses ? Et tout cela, pour un sabre japonais de mauvaise facture. Etes-vous naïf au point de ne points avoir soupçonné l’arnaque, sur le dark web qui plus est. Là ou règne magouilles et compagnies.

Enfin, si votre ire s’était cantonné contre vous-même ; non, c’est à une « puissance commerciale », un péril jaune digne de Fu Manchu, que vous avez voulu vous attaquer. Au pays des mangas, des traditions samouraï, des Pokémon. En fait, j’ai la curieuse impression que tout vous agresse, même les restes pathétiques de votre famille. Qui saura, quelque part, vous retourner son courroux !

Quelle cavalcade autour du globe. Au fait, que vouliez-vous faire d’un authentique katana ?

J’ai la curieuse impression, qu’en réalité, l’humanité vous repousse : une soi-disant petite amie japonaise, un faux maître des arts martiaux, un vrai mais alcoolique… A quelles bassesses ne seriez-vous pas arrivé pour partir vers l’Empire du Soleil Levant, dont les rayons vous fascinent depuis votre prime jeunesse.

Même là, vous piétinez les beaux principes de la philosophie nippone. Jamais content. Et violent, sous l’emprise d’un Yokai doré.

Les sumotoris, ces légendes vivantes, ne trouvent même pas grâce à vos yeux ! Et vous n’hésitez pas à souiller une armure légendaire par votre ignorance.

Vous déversez ainsi toute votre agressivité naturelle sur tout ce qui empêche votre quête donquichonesque, avec mauvais goût.

A vous lire, je me suis vu dans un mélange filmique de Tarantino mâtiné de Mel Brooks. J’allais oublier, Russ Meyer :

Extrait «… Seulement il me vient une idée. J’attrape par ses cheveux bruns la vieille la plus proche de moi, puis l’embrasse à pleine bouche. La langue comme une hélice de bateau, je tourne et je tourne, bande de plus en plus dur, et son propre rythme ne fléchit pas dans l’enthousiasme partagé, c’est l’osmose absolue ! Au fur et à mesure, ses jambes en collants troués s’écartent et je peux glisser un doigt. Je sens quelque chose… ».

Et le final de votre récit marquera le summum de cratitude en vous gaussant des Power Rangers, ces êtres nobles, chevaliers dont les couleurs rappellent les anneaux des J.O. et leurs valeurs universelles.

J’arrête mes diatribes. Car je dois dire que je me suis délecté et vautré dans cette fange. J’ai halluciné et rit de vos pérégrinations picaresques. Quel jeu de massacre, au sens « propre » du terme. On peut vous plaindre, mais en fait vous bousculez, tranchez et exterminez avec inconscience et allégresse les profiteurs, les empêcheurs de tourner en rond.

Vous avez ainsi écrit une large tranche de « trashédie ». A dévorer, et consommer sans aucune modération. Jusqu’à l'éthylisme...

Je vais me précipiter vers vos autres œuvres, dont une sort fort opportunément en Livre de Poche !






 

vendredi 21 janvier 2022

LE MAITRE DU HAUT CHATEAU DE PHILIP K. DICK : LA DOUBLE UCHRONIE

 




uchronie

nom féminin

(du grec ou, non, et khronos, temps)

  • Reconstruction fictive de l'histoire, relatant les faits tels qu'ils auraient pu se produire

 Philip K. Dick

Le maître du haut château

Auteur : Philip K. DICK
La première édition  en poche aux éditions J'AI LU (illustration Tibor CSERNUS)


Postface : Laurent Queyssi

  • Traduction (Anglais) : Michelle Charrier

LITTÉRATURE ÉTRANGÈRE

Les iconiques (n° 13255), Littérature étrangère

Paru le 02/06/2021

Couverture de l'édition originale de 1962
 

2022, marque une date pour les amateurs de littérature de l’Imaginaire ! Le quarantième anniversaire de la disparition de Philip K. DICK, l’un des plus emblématiques de sa génération. Celui qui reste, pour moi, un des premiers à avoir fait « voler en éclat » le classicisme de mes lectures d’alors, avec Farmer. On était loin des univers de Van Vogt ou Jack Vance. On peut dire aussi qu'il s'agit des 60 ans de la sortie du titre qui va révéler véritablement K. DICK au grand public.

« J’AI LU » a prévu de rééditer la quasi-totalité des titres de son catalogue jusqu’à la fin de cette année, soit 27 titres, je crois. Certains titres voyant même une révision de leurs traductions, à commencer par UBIK en février prochain.

Je voudrai évoquer un titre sorti en 2021 sous la couverture du label « Les Iconiques préférés des libraires » et prévu à nouveau en sortie en mars 2022 !


LE MAITRE DU HAUT CHATEAU est un ouvrage dont j’ai tenté la lecture en son temps avec le volume de la prestigieuse collection du Club du Livre d’Anticipation des éditions OPTA, en 1970, associé au DOCTEUR BLOODMONEY. La traduction d’alors était de Jacques PARSONS, illustration intérieure de Wojtek Siudmak.


Hélas, lecture sans lendemain dans ma mémoire. Et voilà DICK qui revient sur le devant de la scène. Occasion rêvée (ou cauchemardée) d’entreprendre à nouveau la lecture du prix Hugo 1963 !

Résumé 4ème de couverture : « C'est en 1947 qu'avait eu lieu la capitulation des Alliés devant les forces de l'Axe. Cependant que Hitler avait imposé la tyrannie nazie à l'est des États-Unis, l'ouest avait été attribué aux Japonais.

Aujourd'hui, quelques années plus tard, la vie avait repris son cours normal dans la zone occupée par les Nippons. Ceux-ci se mon­traient des maîtres fermes mais corrects. Ils avaient apporté avec eux l'usage du Yi-king, le livre des transformations, le célèbre ora­cle chinois dont l'origine se perd dans la nuit des temps. Sa consul­tation permettait de régler toutes les affaires, qu'elles soient com­merciales, politiques ou même sen­timentales.

Pourtant, dans cette nouvelle civili­sation, une rumeur étrange cir­culait. Un homme vivant dans un Haut Château, un écrivain de science-fiction, avait écrit un ou­vrage qui racontait la victoire des Alliés en 1945... »

                     Je me suis immergé, enfin, dans cette double uchronie rédigée dans une cabane, alors que la vie de son auteur n’avait rien de folichon. Je renvoie à cette évocation l’ouvrage de Emmanuel Carrère - JE SUIS VIVANT ET VOUS ÊTES MORTS – PHILIP K. DICK 1928/1982 aux éditions du Seuil (1993). Chapitre 6 – Tchoung Fou, la vérité intérieure (pages 76 à 92).


                              Tout d’abord, ce qui m’a troublé, au-delà du parti pris de l’aspect historique « cohérent » de la défaite de l’Axe à la fin de la Seconde guerre mondiale, c’est l’omni présence de deux ouvrages, dont un bien réel, le YI-KING Le Livre des Transformations. Ce livre, que j’ai possédé, trouvé chez un bouquiniste du Mans, a croisé mes lectures avec mes trois pièces jetées sur mes questionnements existentiels d’alors. Sa couverture jaune figura longtemps sur mes étagères avant de disparaître dans un vide-greniers.


DICK, lui, aurait laissé à ses prédictions le soin d’orienter son texte, après questionnement.

L’autre ouvrage, fictif mais si réel, est celui d’un certain Abendsen Hauwthorne, « Le poids de la sauterelle » (j’ai aussi trouvé la traduction « La sauterelle pèse lourd »)- Son titre provient d'une citation de l'Ecclésiaste (12:5) : « et les sauterelles deviendront un fardeau ». Cet ouvrage, circulant sous le manteau, est considéré subversif par les services secrets allemands qui souhaite éliminer son auteur… Car il aborde une autre « histoire » (nouvelle uchronie) où les américains auraient gagné la guerre et battu les Allemands .



L’histoire du roman est centrée géographiquement sur une Amérique du Nord (les Etats-Unis plus précisément), partitionnée, entre l’Est occupé par les Allemands et l’Ouest occupée par les Japonais. Elle suit un certain nombre de personnages qui ne se rencontreront jamais. Pourtant, par leur activité quotidienne, ils permettent la progression de la narration. Afin de mieux appréhender le contexte historique de « cette époque » et les enjeux de la désignation d’un nouvel homme fort en Allemagne. Marchands, « faussaires » d’artefacts emblématiques de l’histoire américaine d’avant la guerre. A des titres divers, ils ont connaissance des divers ouvrages « Le poids de la sauterelle » et le Yi-King.

DICK y glisse un objet « magique », un bijou (à l’époque, il s’était reconverti à la fabrique de bijoux pour subvenir aux dépenses du ménage), seule anomalie et renvoi à l’Imaginaire. Un portail qui projette son propriétaire vers une autre réalité alternative, la nôtre, au début des années 1960.

« … Le triangle étincelait pourtant au soleil dont il reflétait le brasier… Soumets-toi, ordonna-t-il au triangle ? Révèle-moi ton secret d’arcane… Le petit objet posé dans sa paume frétillait, l’éblouissait ; il plissa les yeux, car il ne voyait plus à présent que la danse du feu… » Extrait

L’intrigue, une suite de « hasards » aurait pu être ennuyeuse. Il n’en est rien ! L’art de la narration de DICK en phrases assez courtes, le naturel et la diversité de ses personnages, amènent le lecteur à évoluer aisément dans ce monde. On se prend au jeu de l’écrivain qui écrit sur un double de lui-même. Les « hasards » étant dus à une succession de jets de pièces, et l’interprétation des hexagrammes qu’en aurait faits DICK, devenu une sorte de pythie avec ses oracles.

C’est folie, pensez-vous ? Qui sait, si vous, moi, ne sommes pas un peu fou  ! Ou « mort », qui sait !

LE MAITRE DU HAUT CHÂTEAU est un objet littéraire (avec le temps de cette relecture, je me suis mis à en apprécier l'originalité grâce à des lectures parallèles), un artéfact venu d’une réalité à laquelle notre conscience n’a pas encore accédé. Les conjectures sont nombreuses et révèlent un peu de l’état d’esprit du DICK du moment. Un manipulateur (et créateur de bijoux), un mentaliste qui nous hypnotise pour mieux nous perdre définitivement. A moins que ce soit un DICK qui commence à perdre pied avec sa réalité… Les romans qui vont suivre vont accentuer cette douloureuse fuite en avant. 

Cette édition de 2021 est suivie par une Posface de Laurent QUESSI, accompagnée des deux premiers chapitres d'une suite qui ne verra jamais le jour.



 

Adaptation récente. La série est produite par Ridley SCOTT



vendredi 7 janvier 2022

OSEREZ-VOUS AFFRONTER LE WIDJIGO D'ESTELLE FAYE ?

 


WIDJIGO – (2021)

Autrice : Estelle FAYE


Actrice, scénariste et réalisatrice, Estelle Faye a écrit une dizaine de romans pour adultes et pour la jeunesse. Elle a reçu le Prix Elbakin et le Prix Imaginales pour Thya (La Voie des oracles, T1) ; le prix Elbakin pour Porcelaine ; les prix Bob Morane et Rosny Aîné pour son space opera Les Nuages de Magellan. Son court-métrage Tout ce qui grouille sous la mer a reçu pas moins de treize distinctions en festival.



Editeur : Editions ALBIN MICHEL, collectionImaginaire

Sortie : Septembre 2021

Illustration de couverture : Aurélien POLICE



Né en 1978, Aurélien Police est illustrateur indépendant et exerce dans divers domaines comme la réalisation de pochettes de disques, d’illustration d’articles de presse ou de couvertures de romans pour des éditeurs et des groupes internationaux ou encore l’illustration jeunesse. Il se sert de l’outil informatique comme d’un creuset pour y mêler toutes sortes de matières premières, brouillant les frontières entre différents média pour donner à ses images un rendu graphique qui lui est propre. Flirtant avec de nombreuses thématiques souvent associées au fantastique, au polar ou au merveilleux, il décline au travers de ses illustrations une vision toute personnelle de ces genres. Pour en savoir plus : http://www.aurelienpolice.com/

Prix : 17.90 €

256 pages

 

4ème de couverture : « En 1793, Jean Verdier, un jeune lieutenant de la République, est envoyé avec son régiment sur les côtes de la Basse-Bretagne pour capturer un noble, Justinien de Salers, qui se cache dans une vieille forteresse en bord de mer. Alors que la troupe tente de rejoindre le donjon en ruines ceint par les eaux, un coup de feu retentit et une voix intime à Jean d’entrer. À l’intérieur, le vieux noble passe un marché avec le jeune officier : il acceptera de le suivre quand il lui aura conté son histoire. Celle d’un naufrage sur l’île de Terre-Neuve, quarante ans plus tôt. Celle d’une lutte pour la survie dans une nature hostile et froide, où la solitude et la faim peuvent engendrer des monstres... »



 

… Un naufrage jette sur l’une des côtes escarpées de l’Île de Terre-Neuve un aéropage de personnages (dont le narrateur) qui s’unissent pour trouver un refuge dans un lieu sécurisé hypothétique sur la côte Est...



Si certains se connaissent, se rencontrant en Acadie anglaise, réunis pour monter une expédition afin de tenter des traces d’une expédition perdue sur l’île.

Il y a là, outre Justinien de Salers, un noble déchu venu de France, une coureuse des bois, Marie, dite la Voyageuse ; François, un trappeur ; le jeune Gabriel, seul rescapé de l’expédition perdue, mutique sur les circonstances du drame ; Veneur, le botaniste, lui aussi rescapé d’une expédition calamiteuse dans le Grand Nord.

Seuls rescapés également, un pasteur luthérien et sa fille ainsi qu’un marin britannique.

La traversée des paysages hostiles, glacés et humides, dangereux en raison de la faune locale, mais aussi les tribus autochtones ; tout cela exacerbent les antagonismes des personnalités de chacun.

Rapidement, une menace encore plus terrible, invisible, liée à des phénomènes surnaturels, décime de manière horrible les membres du groupe. Au-dessus, plane la menace du Wijdigo, autre nom du Wendigo.

A côté de l’aspect horrifique de la narration, Estelle FAYE tisse la trame historique de l’époque, de l’Acadie vendus aux anglais par la France avec   Terre-Neuve, un comptoir qui resta longtemps un site de pêche à la morue où se rendaient le Terre-Neuvas venus de métropole.

Il s’agit bien d’un roman aux ingrédients fantastiques des histoires horrifiques classiques (conditions climatiques extrêmes, nature hostile…). Conté au coin du feu, dans la quasi pénombre d’un château isolé, battu par les vents et la pluie au milieu de la marée montante.

La personnalité des protagonistes, trouble, inquiétante, s’illustre dans la construction du roman, avec ses chûtes dramatiques régulières de fin de chapitre. Certains trouveront le procédé répétitif, mais utile pour permettre la relance continuelle de l’intrigue et par là même, l’attention du lecteur, jusqu’au coup de théâtre final. Une manière habile de ne pas s’attacher trop à un personnage en particulier.

Avec cette créature venue du bestiaire fantastique indien d'Amérique du Nord, mais peu « utilisé » dans les romans (à part Graham MASTERTON peut-être), dans les bandes-dessinées où au cinéma.  





 

EXTRAIT : « Le monstre bondit dans la clairière. Justinien se figea, tétanisé. Du regard il engloba avec une terreur sans nom le grand corps aux membres distendus et difformes, l’estomac trop creux et les côtes si saillantes qu’elles semblaient prêtes à percer son épiderme rugueux, couleur de cendres. Deux doubles rangées de dents longues et acérées rendaient ses lèvres plus protubérantes et ses mains se terminaient par des ongles trop longs évoquant des griffes ou des serres. Ses narines démesurées palpitaient et se plissaient en cadence. Avec un grognement le monstre se détourna de lui et se jeta sur Veneur, lui déchira le visage d’un coup de griffes. Veneur hurla… »

 

Si vous aimez une intrigue bien menée, une reconstitution historique un peu oubliée, voilà un roman fantastique qui devrait vous ravir. Ou une atmosphère d’angoisse qui va crescendo, qui vous happe et ne vous lâche plus. Un « page turner » efficace. A lire autour d’un feu de bois qui s’éteint lentement, au milieu d’une forêt sombre, loin de tout civilisation…  Alors que s’éveille une tempête !